Penser clairement, ça s'apprend…

Catégorie Les paradoxales
***


« Factfulness », des faits rien que des faits. Le livre publié à titre posthume fut écrit par le médecin et statisticien suédois Hans Rosling, ​avec son fils Ola Rosling et sa belle-fille Anna Rosling Rönnlund. Il démontre que nous avons une vision du monde largement faussée et plus pessimiste que la réalité, non pas à cause de mensonges délibérés, mais en raison de réflexes ancestraux liés à notre instinct de survie. Dans le contexte actuel, beaucoup pourtant trouverait un grand intérêt à lire cet ouvrage et à changer certains de leurs paradigmes, surtout ceux qui orientent leurs… croyances. Mais je crains que ceux qui en auraient le plus besoin ne le liront jamais (autre bel exemple d’une vision pessimiste des choses).

C'est le fonctionnement même de notre cerveau qui nous induirait ainsi en erreur. Il nous incite à chercher un coupable à tout phénomène en résumant la plupart des problèmes en une stérile opposition binaire. En nous nous intimant de réagir dans l'urgence, confondant ainsi peur et danger, en étant facilement ébloui par les gros chiffres ; en dramatisant à l'excès et en adorant ça... Ce livre nous apprend à repérer les situations où notre système de pensée déforme notre vision des choses. Utile pour comprendre le monde tel qu'il est, et non pas comme on veut nous faire croire qu’il ait.

« Factfulness » permet surtout de prendre, enfin, la saine habitude de ne fonder son opinion que sur des faits. Pas toujours aussi facile à faire qu’à dire car la vérification des données - plutôt deux fois qu’une - dont les médias et les réseaux sociaux nous abreuvent n’est pas une mince entreprise. Comme les bons journalistes le font, il faut alors croiser les infos, faire des recherches, utiliser son esprit critique aussi.

Beaucoup de lecteurs et de critiques saluent un ouvrage réconfortant qui démontre, chiffres à l'appui, que la pauvreté extrême, la mortalité infantile et l'analphabétisme ont fortement reculé à l'échelle mondiale. Comme disait mon père, au final, le Bon l’emporte sur le Mal, sinon il serait impossible de vivre sur cette planète. Autre attitude salutaire que je m’efforce de mettre en pratique, celle qui consiste à valoriser le verre à moitié plein plutôt que celui à moitié vide…