PACA. Une Biennale bien réelle...

À l’heure où les repères vacillent et où les récits se fragmentent, la Biennale des Imaginaires Numériques veut démontrer que la création artistique n’est pas un refuge hors du monde, mais une force qui l’interroge, le traverse et parfois le déplace.



Être opérateur culturel ici, aujourd’hui, c’est maintenir des espaces de pensée et de partage, là où la standardisation menace. À l’échelle nationale, c’est défendre la diversité des formes et des voix, refuser les logiques de réduction, et affirmer que la culture est un bien commun. À l’international enfin, c’est tisser des liens, ouvrir des dialogues, pour penser ensemble des futurs situés, pluriels.

Face à l’intelligence artificielle, il s’agit de ne céder ni à la fascination aveugle ni au rejet simpliste, mais d’en explorer les potentialités critiques, tout en mesurant les risques. Résister, c’est peut-être accepter de ne pas tout comprendre, mais refuser de renoncer. C’est continuer à imaginer, à expérimenter, à faire collectif. Dans un monde incertain, la création devient un acte de vigilance et d’espoir. Pour cette édition, Jean-Paul Fourmentraux rejoint le commissariat des expositions aux côtés de Mathieu Vabre, directeur artistique. En lien avec la thématique, ses travaux sur les contre-cultures numériques ont permis d’explorer les pratiques artistiques de résistance et de détournement.

Créée en 2018 et organisée par « Chroniques », la Biennale des Imaginaires Numériques est le temps fort des arts et cultures numériques de la région Sud - Provence-Alpes-Côte d’Azur. En explorant les arts visuels, les arts sonores et le spectacle vivant, la Biennale s’intéresse à la présence comme à l’usage du numérique et des nouvelles technologies dans l’art. Elle investit l’espace public et donne la parole aux artistes nationaux et internationaux d’horizons différents.

En s’intéressant, pour cette édition, à la thématique des résistances, elle ouvre un espace de réflexion pluriel, à la croisée de l’activisme, des tactiques de subversion et des gestes artistiques de désobéissance. Il s’agit d’examiner comment les pratiques numériques – qu’elles soient issues de la performance, de l’installation, du spectacle vivant, de la réalité virtuelle ou augmentée, de la vidéo ou de l’écriture algorithmique – peuvent devenir des espaces de lutte symbolique, politique et esthétique.


Invitée d’honneur de la Biennale, la Saison Méditerranée donne à entendre les voix d’artistes et de créateurs engagés dans de multiples formes de pratiques numériques dont les gestes artistiques témoignent une contre-narration nécessaire. Pour sa cinquième édition, la Biennale investit plusieurs villes de la région Sud - Provence-Alpes-Côte d’Azur - Aix-en-Provence, Marseille, Avignon, Arles, Istres et Port de Bouc - avec une programmation pluridisciplinaire, du 24 octobre 2026 au 17 janvier 2027.