L’empathie. Les enjeux...

Après dix-sept années d’accompagnement et plus de 1 000 personnes suivies, Sophie Clergue porte un autre regard sur cette mécanique. L’empathie, explique-t-elle, n’est pas le problème. La difficulté vient de la place qui lui est accordée et du leadership de soi qui doit permettre de l’orienter.
L’empathie est souvent décrite comme une qualité que chacun posséderait en quantité variable. Sophie Clergue déplace la question : l’enjeu n’est pas seulement d’avoir « trop » ou « pas assez » d’empathie, mais d’apprendre à s’en servir avec discernement.
D’un côté se trouve le « contenteur ». Il perçoit les émotions et les besoins des autres, s’adapte en permanence et cherche à préserver l’harmonie. Il dit oui pour ne pas décevoir, porte les difficultés de son équipe ou de ses proches et finit par oublier ses propres limites.
De l’autre se trouve le « bunker ». Pour ne plus être envahi, blessé ou déstabilisé, il érige des protections. Il se coupe progressivement de ce qu’il ressent, tient les autres à distance et privilégie la maîtrise. Cette armure le protège, mais elle peut aussi affaiblir la qualité du lien et l’isoler.
Entre ces deux-là il existe une ligne de crête. Sophie lui donne un nom : l’empathie verticale. Elle ne demande ni de devenir moins sensible ni de se rendre disponible à tout. Elle consiste à rester simultanément en lien avec soi et avec l’autre.
La grille de lecture proposée par Sophie Clergue traverse aussi bien la vie personnelle que le travail. Elle éclaire ces conversations qui continuent de bouleverser plusieurs heures après avoir pris fin, ces conflits que l’on évite pour préserver la paix ou ces décisions qui deviennent impossibles lorsque les attentes d’autrui occupent tout l’espace.
Dans l’entreprise, l’enjeu prend une résonance particulière. Un cadre ou un dirigeant doit pouvoir comprendre ses collaborateurs, percevoir les tensions et entretenir la coopération, tout en assumant des arbitrages et une direction. Trop de distance fragilise la confiance. Trop d’absorption émotionnelle brouille le jugement et épuise.
L’empathie verticale devient alors une façon d’exercer un leadership à la fois humain et solide : écouter sans céder sur tout, accueillir sans porter à la place de l’autre, décider sans se couper du collectif.
À travers les parcours de Julia et Thomas, deux personnages inspirés de situations réelles, l’auteur nous faire vivre des situations exemplaires. Le lecteur observe comment se construisent les réflexes d’effacement ou de fermeture, comment ils influencent les relations et comment une autre posture peut émerger. Ces récits accompagnent une méthode en cinq étapes conçue pour aider chacun à sortir de ses automatismes et à trouver une plus juste dose d’empathie.