Marseille. Regards croisés de Provence…

Du 29 septembre 2026 au 7 avril 2027, le Musée Regards de Provence présente une sélection de sa collection photographique, les « Regards Croisés » de 27 artistes qui posent sur le monde leurs regards singuliers. L’exposition crée un dialogue entre artistes, époques, territoires à travers des écritures photographiques diverses.


Chostakoff Marc, île Tiboulen de Maire, Marseille.



Marseille constitue naturellement l'un des fils conducteurs de cette sélection. Le Vieux-Port, Notre-Dame de la Garde, le Ferry-Boat, le Vallon des Auffes, la Corniche, les Catalans, l'Estaque ou encore Malmousque apparaissent sous les projecteurs de Camille Brion, Marc Chostakoff, Gérard Detaille,

Thierry Masson, José Nicolas, Bernard Plossu et Christian Ramade. La ville se dévoile via ses lieux emblématiques, mainte fois visités par les peintres classiques, qui se racontent ici de manière personnelle : le paysage marseillais devient alors un sujet photographique sans cesse renouvelé, tantôt reconnaissable, tantôt transformé par le cadrage, la lumière ou le point de vue.

Avec Georges Rousse, l’ancienne Station Sanitaire Maritime devient, dans l’intervalle de sa transformation en musée, le lieu d'une intervention plastique et photographique, qui invite à une relecture de l'architecture et de la perception de l'espace.

De la Sainte-Victoire aux îles, de l'Estaque à Porquerolles, de Sanary à Riou, les œuvres de Bernard Plossu, Marc Chostakoff, Brigitte Bauer, Jean Bernard, Olivier Monge / MYOP, Éric Bourret ou Christian Ramade composent une géographie sensible de cette partie du littoral méditerranéen, marquée par une identité forte et empreinte de poésie.

La mise en scène fait son apparition dans les œuvres de Pilar Albajar & Antonio Altarriba, Harald Fernagu, Joan Fontcuberta, Teun Hocks, Gilbert Garcin ou Olivier Rebufa. La photographie devient alors un espace de jeu, lecture plurielle et singulière de la réalité où les apparences peuvent être trompeuses et où le spectateur est invité à s'interroger sur ce qu'il voit.

Cette mise à distance de la réalité passe aussi par l'humour, qui traverse plusieurs œuvres de l'exposition, naissant d'une situation inattendue, d'un détournement, d'un décalage entre ce que l'on voit et ce que l'on imagine, d’un jeu de mots ou tout simplement de l’autodérision de l’artiste. Chez Gilbert Garcin le personnage devient acteur de situations énigmatiques et souvent absurdes. Teun Hocks développe un univers où photographie et humour se rencontrent. Avec Joan Fontcuberta, marqué par la dictature franquiste, l'image photographique joue avec les codes de la croyance et de la censure.

Le thème, dominé par le corps féminin, invite à regarder ce qui se joue entre la forme, la matière, l'espace et l'image. Le nu est esthétisé, idéalisé, conceptualisé, silhouette, présence ou élément de composition chez Bernard Plossu ; il interroge le genre, les codes sexuels et sociaux chez Michèle Sylvander, et Olivier Rebufa. Le Nu né de la vague de Lucien Clergue, photographié en Camargue en 1958, inscrit le corps dans son environnement et dans une relation étroite avec le paysage.


En parallèle de l’exposition, les équipes du musée déploient un programme complet de sensibilisation artistique et de médiation culturelle. Mêlant théorie, ateliers pratiques et expériences immersives, ces activités favorisent les moments d'échange afin de tisser un lien

privilégié et familier entre le public, les œuvres et le créateur. Des conférences et des rencontres, des séances de dessin au milieu des œuvres, des visites guidées tous publics ainsi que des cours de yoga au cœur des salles sont prévus. Quelques récitals musique et danse, devraient compléter ces moments riches, sensibles et conviviaux.