De la théorie à la pratique artistique : une aventure formatrice…

Dans le cadre du programme de recherche « Impressionnisme », le musée a mis à disposition des étudiants trois espaces d’exposition au sein du parcours permanent, leur offrant ainsi l’opportunité de participer concrètement à la réalisation d’une exposition. Accompagnés et encadrés tout au long du projet par l’équipe du musée et l’équipe pédagogique de l’Université, les étudiants ont contribué aux différentes étapes de sa conception et de sa mise en œuvre, de la réflexion scientifique au choix des œuvres jusqu’à la médiation auprès du public. Cette expérience leur a permis d’appréhender les multiples dimensions du travail muséal tout en complétant de manière originale leur formation en histoire de l’art.
Les étudiantes et étudiants portent en premier lieu leur regard sur une artiste présente dans le fonds des estampes du musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq, Léonide Bourges (1838-1909). Passée dans l’ombre après sa mort, Léonide Bourges est pourtant une artiste appréciée en son temps, insérée dans les circuits de reconnaissance, dans les réseaux professionnels et au sein des sociabilités de la vallée de l’Oise.
L’exposition, qui se déploie sur deux salles, au rez-de-chaussée et au premier étage du musée, explore ainsi les mécanismes de la redécouverte de cette artiste peintre et graveuse. Les étudiantes et les étudiants y convient le public à une véritable enquête, menée au fil des indices laissés par l’artiste et ses contemporains : livrets d’exposition, correspondances et mémoires, articles de presse et bien sûr œuvres.
Le parcours réunit de manière inédite un ensemble de peintures et d’estampes de Léonide Bourges issues de collections privées et publiques valdoisiennes, permettant de saisir et de replacer dans son contexte la carrière de cette artiste accomplie.
Comment, en 2026, regarde-t-on un paysage peint dans la seconde moitié du XIXe siècle ? Qu’est-ce que ces toiles racontent de l’évolution de la nature et du rapport de l’homme à cette nature et au territoire ? Quels liens peut-on tisser entre la vie de l’artiste, ses œuvres et le contexte dans lequel il évolue ? Ce sont toutes ces questions auxquelles les étudiantes et étudiants se sont confrontés à partir de l’exemple de Jules Dupré, peintre emblématique de la Vallée de l’Oise et figure centrale des collections du musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq.
Entre tradition et modernité, Dupré est un acteur important de l’évolution de la peinture de paysage, délaissant progressivement les principes académiques au profit d’un rapport direct à la nature. Tout en perpétuant une vision romantique du paysage, Dupré fonde son travail sur l’observation attentive des phénomènes atmosphériques et fait du ciel le sujet central de son œuvre. À partir d’études prises sur le motif, il recompose ensuite ses tableaux dans l’atelier, élaborant une nature idéalisée destinée à susciter l’émotion. Pour cette section consacrée à Dupré, l’enjeu était aussi de faire redécouvrir les riches collections du musée, de s’appuyer sur ses œuvres pour restituer les différentes facettes de ce rapport à la nature, à une époque où la peinture elle-même se transforme en profondeur.