La douleur. Une approche globale… et douce.

Ancienne sportive de haut niveau, Margaux Magnée est kinésithérapeute. Mais, à l’étroit dans cette pratique très codifiée, elle a complété ce cursus par une formation en biokinergie, carrefour entre ostéopathie et médecine chinoise. Une façon de sortir des chemins battus et d’appréhender son travail sur le corps d’une autre façon. Une façon plus globale aussi, à commencer par la recherche des causes qui ne sont pas toujours dues à un trauma. Et surtout pour, dit-elle, sortir du cercle vicieux « douleur-peur-inactivité ».
Margaux l’a bien compris, « le corps a ses raisons » que généralement nous ignorons ou que nous ne voulons pas voir. A-t-elle lu l’ouvrage éponyme de Thérèse Bertherat paru en 1976 ? Les grands esprits se rencontrent toujours. En tout cas, j’y vois une parenté et la routine qu’elle promeut est sa version complémentaire et intemporelle de cette « anti-gymnastique douce » faite du respect qu’on doit à soi-même. Un ensemble de gestes simples, atteignables pour la plupart d’entre nous. Ainsi, à propos des femmes, elle constate que beaucoup d’entre elles vivent avec des douleurs chroniques qu’elles finissent par considérer comme normales. « Pourtant le corps ne parle jamais au hasard », affirme-t-elle. Il a ses raisons liées à son passé, à des chocs physiques ou émotionnels, à de mauvaises habitudes aussi qui viennent de l’enfance. La sédentarité y a souvent sa part de responsabilité.
Il s’agit avec elle de réapprendre ou d’apprendre tout court, à bouger, à mobiliser intelligemment ses articulations, en partant du plus simple et ce sans forcer, en écoutant les signaux que le corps nous envoie. Il s’agit aussi d’apprivoiser sa respiration, d’apprendre à réguler les stress qu’apporte l’existence, à oser pratiquer la méditation. Ancienne athlète, Margaux a pendant des années poussé son corps à dépasser les limites, quitte parfois à le maltraiter. Aujourd’hui, elle l’écoute, elle le traite avec bienveillance et invite ses élèves à en faire de même, les guidant sur le chemin de la santé. Une « porte étroite » qui mérite bien quelques attentions et efforts consentis.
