Roubaix. L’anarchie s’expose à La Piscine...

Echaffaudage, Maximilien Luce.
Premier mouvement à contester toute forme d’autorité, creuset d’une pensée intersectionnelle des luttes, d’une critique de l’impérialisme et des effets du capitalisme sur les hommes et sur la nature, l’anarchisme a été à l’avant-garde de questionnements ô combien actuels.
Par leur foisonnement, leur plasticité et par la place qu’elles réservent à la liberté de l’artiste, les idées libertaires ont séduit dès leur émergence dans les années 1840 nombre d’entre eux : de Gustave Courbet à Banksy, en passant par Paul Signac, Camille Pissarro, Félix Vallotton, Théophile-Alexandre Steinlen, Maximilien Luce, André Derain, Maurice de Vlaminck ou encore Kees Van Dongen. Si après la Libération, les anarchistes semblent avoir disparu - « Il n’y en a pas un sur cent et pourtant ils existent » chante à leur propos Léo Ferré en 1968 -, la pensée libertaire est bien vivante. Elle infuse de nouveaux courants culturels de Mai 68 au mouvement punk. Depuis lors, cette pensée s’empare de nouveaux terrains artistiques, le web, la bande-dessinée, le street art et ne cesse de s’incarner dans nombre d’images militantes.
Pensée sans dogme, divers dans les formes qu’il adopte et dans les moyens qu’il promeut, réinventé dans chaque pays où il essaime et à chaque époque qu’il traverse, l’anarchisme méritait une exposition hors normes, abordant le mouvement de manière globale, mêlant enfin toutes les disciplines comme les artsplastiques mais aussi mode, design, architecture, cinéma, littérature ou encore musique... tant ses idées ont influencé tous les pans de la création à différentes périodes.

Ni dieu ni maître ! Arts et anarchie
de Courbet au street art
du 10 octobre 2026 au 24 janvier 2027
La Piscine, Roubaix