Vallauris. Gilbert Portanier… cent ans de mémoire.

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Né à Cannes le 28 septembre 1926 et disparu en 2023, l’artiste céramiste voit son centenaire marqué par deux expositions, une conférence et la parution de sa biographie. Pour sa femme, Annette Portanier, c’est le début d’un travail de transmission qui débutera dès le mois d’octobre par la création d’un catalogue raisonné de l'œuvre en partenariat avec l’agence Artcento. Son œuvre est notamment conservée au Victoria and Albert Museum de Londres, à l’Art lnstitute of Chicago, au musée national de Céramique de Sèvres et au musée des Arts décoratifs de Paris.


Autour de lui, Roger Capron, Jean Derval, François Raty, Albert Thiry et d’autres forment une génération décidée a faire de la céramique un art autonome, affranchi de toute fonction utilitaire. La Poterie du Portail devient leur centre. En 1961, ils y montent une exposition manifeste « Pièces uniques », restée dans les mémoires sous le nom d’ « Enterrement de la pièce unique ». Gilbert Portanier y présente plusieurs pièces aux formes libres et aux émaux éclatants. « Nous ne voulions plus faire de la poterie, mais de la peinture et de la sculpture avec la terre. »


La rupture a un prix. En France, la céramique reste alors dominée par l’académisme de Sèvres, et ce qui s’en écarte est rangé du côte des arts mineurs. Les céramistes de Vallauris essuient des refus d’exposer. ll faudra attendre 1998 et une rétrospective au musée national de Céramique de Sèvres, à l'initiative de sa conservatrice Antoinette Fay-Halle, pour que la reconnaissance institutionnelle française arrive. Le titre de cette exposition lui est resté : « Portanier, un magicien des couleurs ».


En 1954, Bob Gesinus déniche au cœur de Vallauris une poterie centenaire. Portanier y installe son atelier et y façonnera ses pièces uniques pendant plus de soixante-dix ans, dans un jardin qu'il plante lui-même de cyprès, d'eucalyptus et de bambous. Le chemin n'ayant pas de nom, il le baptise chemin des Potiers. La ville de Vallauris l'a rebaptise rue Gilbert Portanier le 24 juillet 2024. En 2015, il transforme avec son épouse les lieux en atelier-galerie, conserve son atelier de travail intact et fait du four à bois restauré un espace d'exposition. Rien n'a bouge depuis. Les tournettes sont en place, les pinceaux ranges dans leurs pots, les moules de plâtre alignes, ainsi que quelques-uns des outils qu'il fabriquait lui-même. Le portail d’entrée, composition de lettres jaunes, bleues et orangées sur fond vert adossée à deux colonnes de céramique émaillée, est une œuvre à part entière. Dans le jardin, des totems de terre se dressent parmi les palmiers… Mémoire et nostalgie !