Bach. Le voyage initiatique...

Le voyage d’Arnstadt à Lübeck sert de fil conducteur à l’ouvrage. Il ne s’agit pas d’un prétexte narratif. Cette marche condense ce que fut la vie de Johann Sebastian Bach - une obstination, une exigence, une disponibilité au risque. L’auteur y voit la matrice d’une existence entière, et la lecture qu’il en propose s’adresse autant aux mélomanes qu’à ceux qui n’ont jamais vraiment écouté cette musique.
L’essai se déploie en cinq parties et trente-huit chapitres, autour de quatre visages successifs : l’enfant immergé dans le son dans une Thuringe luthérienne où la musique précède la parole ; l’ingénieur du sacré, qui traite l’orgue comme une machine et le contrepoint comme une science ; le maître omnidirectionnel, qui tient ensemble la ville, l’école, l’église et une famille nombreuse ; et enfin le prophète, dont la musique continue de penser pour nous, jusque dans nos débats contemporains sur le bruit, l’attention, le cerveau et l’intelligence artificielle.
Au-delà du portrait historique, le livre propose une manière d’habiter le temps : tenir la complexité sans s’y perdre, et faire de sa propre vie une fugue, un sujet, des réponses, des tensions, une architecture qui ne nie pas le chaos mais lui donne une forme. Aucune compétence musicale n’est requise pour le lire.
« Il ne s’agit pas de devenir musicien, mais de s’interroger sur sa propre marche : quelle est la direction, quel est l’horizon, et à quelle hauteur sont cet horizon et cet effort ? » écrit l’auteur.
- Stéphane Salord dirige et administre depuis de nombreuses années des organisations engagées dans l’économie sociale et solidaire, la santé et la protection de l’environnement en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Auteur de nouvelles, de tribunes et d’essais, il poursuit un travail d’écriture attentif au temps long, aux territoires et aux formes que prend l’effort humain. « Bach, la marche vers l’éternité » prolonge cette recherche sur un autre terrain : celui de l’écoute.