Pays de Lérins. Les Journées du Masque de fer…

L’homme au masque de fer a été emprisonné 11 ans au large de Cannes dans le Fort Royal de L’île Sainte Marguerite. Une histoire fascinante qui a titillée l’imagination de Claude Nicole Martinot, la Présidente de l’association « Cannes en héritage ». C’est en 2024 qu’elle lançait Les journées du Masque de Fer. De plus en plus inspirée, c’est une création théâtrale sur le thème de la liberté, qu’elle a programmé pour cette seconde édition.



- L'homme au masque de fer, gravure anonyme, 1789.
Selon la légende de cette gravure, l'homme emprisonné serait Louis de Bourbon,
comte de Vermandois, fils illégitime de Louis XIV -


Le public, les touristes costumés - s’ils le souhaitent - sont conviés le 29 août dès 16 h à une parade d’époque. Embarquement pour l’île Sainte Marguerite, présence des personnalités, hommage-anniversaire des 400 ans de la Marine Nationale précéderont le spectacle nocturne « Le Masque du roi », point d’orgue de cette manifestation. Il se déroulera au Fort Royal sur la place d'Armes le 29 et le 30 août à 21h. La pièce est écrite par Bastien Miquel, enveloppée par les quatre saisons de Vivaldi, arrangement Rock. Mise en scène Martine Amsili. Deux acteurs, Philippe Salciccia et Stéphanie Boré. Simultanément les bateaux de la baie flotteront à l’effigie du Masque de Fer.

Bien qu'ancrée en plein XVIle siècle, la pièce offre un questionnement étonnamment actuel sur la machine du complotisme. Le Roi Soleil, tout en orchestrant sa légende dans la coulisse, nie habilement toute identité du Masque de fer en public, faisant ainsi du doute une arme de contrôle. Le mécanisme est pervers : ni confirmer ni infirmer une rumeur, la laisser simplement travailler pour soi. Ce brouillard du silence trouve dans l'ère numérique actuelle un écho particulier, à l'heure où un excès d'informations, calculé ou non, peut suspendre le jugement mieux qu'aucune censure.

Jean Salveur, le personnage incarnant le masque, découvre ainsi qu'il n'est qu'un pion dans une vaste mise en scène politique. La pièce suggère que le politique est ici une scène où le spectateur reste actif presque malgré lui, posant ainsi la question du détournement artistique : car quand le réel embrasse si bien la fiction, comment garder un esprit critique ?

Malgré l'engrenage, les deux personnages choisissent d'agir, d'aimer, de laisser leur empreinte. « Le Masque Roi » ne condamne certes pas la méfiance envers le pouvoir, il met plutôt en en garde contre toute fascination malsaine du secret. La vraie résistance, suggère l'auteur, consisterait dès lors à aborder rumeurs et complots en faisant un pas de côté, à la Voltaire, avec suspicion, élégance et moquerie. Pour Marguerite, la compagne de Jean : « rien n'est jamais écrit d'avance ! » Elle parle d'or, rappelant en guise de morale que la responsabilité de ses choix doit rester entre les mains de chacun, et non dans les coulisses d'un pouvoir supposément tout-puissant.



- cellule de la prison occupée par le Masque de Fer,
photo © Tangopaso -


Participation : 70 €/pers Parade/bateau/spectacle/conférences
Réservation : my.weezevent.com/lemasquedefer
Info : cannesenheritage24@orange.fr tél 06 71 42 74 60