L’eau de baignade. Pour y voir plus... claire.

***


- bleu = recommandé ; vert = peu risquées ; orange = déconseillées ; rouge= à éviter -
https://www.labelleplage.fr/  - cliquez sur accueil  


L'eau est calme, il n'y a pas de vent... et pourtant la baignade est interdite. Chaque été, certaines plages de l’Atlantique sont envahies par les algues vertes. Depuis des décennies, elles empoisonnent le littoral, en particulier celui de la Bretagne. Toxiques, nauséabondes, elles prolifèrent malgré les plans d’actions qui se succèdent. En se décomposant, elles dégagent de l'hydrogène sulfuré, un gaz toxique potentiellement mortel, qui rend certains littoraux dangereux pour les personnes comme pour la faune. Cette prolifération n'a rien de naturel nous rappelle France Nature Environnement. Elle est la conséquence directe d'un modèle agro-industriel intensif, particulièrement concentré dans certaines régions. Depuis des décennies, l’association de protection de l’environnement alerte l'opinion et agit aux côtés d’associations locales pour défendre une agriculture plus respectueuse du vivant et protéger durablement nos eaux.

En Méditerranée aussi, la situation se détériore. Les progrès réalisés au fil des ans en matière de traitement des eaux ne sont pas suffisants pour compenser les pollutions diverses et variées dues notamment au tourisme de masse. A cela, viennent s’ajouter les effets du changement climatique. Ainsi, la température moyenne de la Méditerranée, mer fermée, ne cesse d’augmenter. Elle a atteint par endroits les 30 degrés. En temps qu’utilisateur régulier, je constate chaque année que le nombre de jours en été où la turbidité de l’eau rend l’eau trouble augmente, au détriment de la faune et de la flore marine.

Les stations balnéaires sur-fréquentées de la Côte d’Azur, ont un bilan plus que mitigé. Mandelieu, Théoule, Cannes, Golfe-Juan, Juan-les-Pins, Antibes comptent plusieurs de leurs plages déconseillées selon « Eau & Rivières de Bretagne ». Certaines sont carrément à éviter comme à Mandelieu, Cagnes-sur-Mer, Nice, Beausoleil et Menton. Dans ces mêmes communes, il en reste fort heureusement beaucoup qui qui sont peu risquées (les plus nombreuses) voire recommandées sur le site en question. Reste à savoir lesquelles, sachant que peu de touristes se baladent avec la carte où elles sont répertoriées, sachant aussi que les mairies ne les signalent pas sauf cas extrêmes. C’est le cas à Cagnes-sur-mer à l’honnêteté de fermer certaines plages lorsque la station d’épuration déborde où suite au ruissellement des eaux pluviales.

Quant au Pavillon Bleu, son classement correspond à des critères qui ne reflètent pas toujours la réalité de la situation et du moment. Les mairies, dans l’ensemble semblent s’en contentées et s’en servent comme argument de promotion et d’alibi. Cela peut conduire à des situations cocasses. Ainsi, la même plage qui arbore fièrement le pavillon va devoir fermer pour cause de pollution… passagère.