La Plaisante. Une taxe qui se réforme à « pas de loup »… de mer.

- Marina de Mandelieu (c) PC -
Elle ne concerne en fait que 9,3% des engins enregistrés et ressemble bien à « un coup d’épée dans l’eau »… de mer évidemment. Depuis 2006, les bateaux de plaisance au-delà de 7 mètres (et de plus de 22 chevaux administratifs) sont soumis à une, affectée à la protection du littoral et des usagers de la mer. Ancien droit annuel de francisation, cette taxe se compose d’un droit de coque et d’un droit de moteur. Elle cumule des recettes (un peu plus de 50 millions d’euros ces deux dernières années) qui financent le Conservatoire du Littoral (42,5 M€), qui contribue à préserver les paysages littoraux, la Société nationale de sauvetage en mer (4 M€), dont les bénévoles interviennent lorsque les plaisanciers se retrouvent en difficulté, et la filière de recyclage des bateaux (0,9 M€).
Cette réforme ne concerne que 9,3% des engins enregistrés. La majeure partie des bateaux de moins de 7 mètres ne paieront toujours pas de taxe, sauf lorsqu'ils disposent d'une motorisation particulièrement puissante (supérieure à 120 kW, ce qui correspond, dans les faits, à des moteurs de plus de 175 ch). Cette hausse reste très... mesurée au regard du coût d’acquisition et d’utilisation des moteurs concernés. Pour un hors-bord de 183 kW (≈ 250 ch), la taxe correspond à moins de 2% du coût d’acquisition du moteur, et pour une sortie de quelques heures, le coût du carburant peut ainsi atteindre ou dépasser le montant annuel de la taxe. Les moteurs électriques étaient traités de manière identique aux moteurs thermiques pour une puissance similaire, la réforme crée un abattement de 50% pour les motorisations électriques et hydrogènes, moins émettrices de gaz à effet de serre.
Une réforme, on le voit bien trop timide qui ne changera rien ou presque à la pression toujours plus grande de la plaisance sur les mers d’ici et d’ailleurs. Les marinas, sur toutes les côtes françaises, débordent de bateaux qui ne sortent (heureusement) que quelques semaines par an mais dont l’impact environnemental reste considérable. Car il faut quand même faire régulièrement tourner les moteurs et nettoyer les coques… Bien sûr, c’est tout une industrie prospère qui est concernée et qui profite d’une mode et du pouvoir d’achat d’une partie de la population. Une piste négligée : la location. Mais elle ne créera pas autant d’emplois qu’elle en détruira si l’on dissuade les acheteurs potentiels en surtaxant leurs acquisitions. On pourrait aussi faire un parallèle avec la crise du logement. Là aussi, la location saisonnière permettrait de mettre sur le marché des milliers de logements sous-utilisés. Mais les impératifs d’une économie basée sur la consommation tout azimut a d’autres idées sur la question… désolé.

- les garages à terre ne font que déplacer les problèmes (c) PCA -