Là-haut… sur la montagne.

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Catégorie Geste et pensée...
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Le rendez-vous était au sommet. Nous sommes arrivés du côté déjà dans l’ombre. Nous étions en nage, la sueur nous coulait de la nuque, de la poitrine et du milieu du dos. Nos cœurs battaient la chamade. Nos visages étaient rouges. Près du but, toujours courant, nous avons rejoint la route. Des voitures nous doublèrent alors, celles de nos compagnons qui nous criaient des encouragements. Nous étions dans un état second, un peu anesthésié, un peu euphorique… fier de notre performance, si relative qu’elle pouvait être. Ils nous attendaient un  peu plus haut, au lieu supposé de l’arrivée, avec leurs gourdes et des vêtements de change. Mais la grande récompense, c’était la découverte du panorama qui s’offrait à nous. L’air nous sembla plus pur, plus frais. Une sensation d’apaisement nous envahit. 

Loin devant nous, on devinait la mer qui brillait, nous renvoyant les derniers rayons du soleil. Soleil qui allait bientôt disparaître à l’horizon déjà en partie caché par des nuages bourgeonnant et créant des figures improbables. Nous nous assîmes tous pour partager cet instant. Les uns, les yeux mis clos semblaient prier quelques Dieux païens. D’autres paraissaient pris d’une sorte de vertige. La grande et chaude lumière qui brûlait le lieu durant la journée, baissa encore d’un cran. Un silence respectueux s’installa. L’ombre nous atteignit et nous enveloppa. A l’ouest, les dernières rougeurs du ciel occupèrent encore nos regards. Nous frissonnâmes. 

Le charme s’estompait peu à peu. Le silence fut d’abord rompu par le bruit des sacs qu’on ouvrait. Nous  sortirent un vêtement pour nous couvrir. Dans la direction de San Diego, les avions très haut dans le ciel, laissèrent encore longtemps les traces colorées de leur passage. Bientôt, leurs lumières iraient se mêler dans la couche basse des nuages aux milliers d’autres qui commençaient à s’allumer maintenant dans les villes du littoral californien.

- entre Tecate et San Diego, juin 1972.