Tourisme. L’été de tous les écarts…

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Quant on aime, on ne compte pas et l’on dépense sans compter. Cette habitude risque de changer. Pas simplement parce que le pouvoir d’achat a ses limites mais parce que la planète et ses ressources énergétiques non renouvelables arrivent en fin de parcours. Échéance largement accélérée par le changement climatique. Bien que mises au courant de la situation prévisible, les dirigeants de nos sociétés - tous pays confondus - ont jusque-là fait l’impasse. Elles sont aujourd’hui appelées à regarder la réalité en face.



- l’A10, photo © Arnaudus -


Le grand chassé croisé du mois d'août, en France mais pas que, nous interpelle. Le comportement des vacanciers et des locaux ne se modifie guère durant cette période où tout paraît permis. Il semble que pour beaucoup, l’augmentation du prix du pétrole n’ait que peu d’influence. Certes, une partie de la population a choisi de se déplacer moins loin mais faire la relation de leur dépenses en carburant avec les émissions de gaz à effet de serre, c’est encore trop abstrait. 

L’association  Agir pour l'environnement s’est amusée à calculer que réduire sa vitesse sur autoroute de 20 km/h diminuerait les émissions de gaz à effet de serre et les dépenses en carburant de 1% rien que dans l’hexagone. Ainsi, sur un parcours de 500 km, rouler à 110 km/h au lieu de 130, permettrait d’économiser environ 17 kg de CO2 et environ 14 euros de carburant. L’association va plus loin. Elle suggère de profiter des discussions qui vont débuter autour de la renégociation des concessions autoroutières pour exiger l’introduction des critères écologiques dont celui de moduler les tarifs autoroutiers en fonction de la vitesse des usagers. Si un automobiliste accepte volontairement de réduire sa vitesse de 20 km/h sur autoroute, elle demande que le prix du péage soit divisé par deux...

Au regard des dividendes versés aux actionnaires des sociétés d’autoroutes (près de 25 milliards d’euros sur ces 6 dernières années), moduler à la baisse les tarifs autoroutiers pour celles et ceux qui s’engagent à lever le pied est une option plus que raisonnable. Dans le contexte de hausse des coûts pour les usagers, les sociétés d’autoroute tirent leur épingle du jeu. Elles ont reversé à leurs actionnaires plus de 5 milliards d’euros de dividendes en 2024, un chiffre globalement en hausse. Depuis 2019, ce sont près de 25 milliards d’euros qui ont été versés aux actionnaires de sociétés d’autoroute.

Il s’agit bien là d’une sur-rentabilité que l’inspection générale des finances avait déjà pointé du doigt en 2021. Cet argent pourrait financer la transition écologique. Par exemple, il pourrait servir à installer des panneaux solaires couvrant 100 % de l’électricité de plus de 2,5 millions de foyers. La France, dance ce domaine a pris un retard sur ses homologues européens inadmissibles dû principalement au puissants lobbies du tout nucléaire et du pétrole. A minima, les sociétés d’autoroute doivent accepter de moduler les tarifs autoroutiers en fonction de la vitesse moyenne des usagers. CQFDire !