Aires protégés à l’horizon 2030...

Panorama sur les sommets pyrénéens et la vallée de Luchon vus depuis Artigue, Haute-Garonne.
Les aires protégées constituent l’un des leviers essentiels pour préserver les écosystèmes, réduire les pressions qui s’exercent sur les milieux et garantir la résilience du vivant face au changement climatique alors même que la biodiversité poursuit son déclin. Lancée en 2021, la Stratégie nationale pour les aires protégées a permis d’engager une dynamique sur l’ensemble du territoire et d’identifier plus de 600 projets d’aires protégées, y compris sous protection forte.
La mobilisation collective des acteurs a permis de dépasser les objectifs nationaux et internationaux de couverture du territoire par des aires protégées et des zones de protection forte : 75 % du territoire national est couvert par une aire protégée, avec 78 % des espaces maritimes et 32,6 % des espaces terrestres ; 22,5 % du territoire national bénéficie d’une protection forte, avec 23 % des espaces maritimes et 6,49 % des espaces terrestres. L’objectif national d’au moins 10 % est ainsi dépassé à l’échelle nationale, principalement grâce aux avancées réalisées en mer et dans les territoires ultra-marins.
Le deuxième plan d’action national fixe de nouvelles cibles pour renforcer la protection forte et mieux répartir les efforts entre les espaces terrestres et maritimes. Il ambitionne d’atteindre 10 % du territoire terrestre national sous protection forte d’ici 2030, dont au moins 3 % du territoire terrestre hexagonal ; au moins 5 % des façades maritimes hexagonales sous protection forte d’ici 2030.
Au-delà de l’extension du réseau d’aires protégées, le nouveau plan vise à renforcer la qualité de la gestion des aires protégées existantes et à réduire les pressions qui s’exercent sur les milieux naturels, y compris à proximité de ces espaces. Il prévoit également d’améliorer la connectivité au sein du réseau et de mieux intégrer les aires protégées dans les projets de territoires.
Comme exemples récents dans les territoires :
La création du Parc naturel régional Comminges Barousse Pyrénées, le 9 juillet dernier, ce qui porte à 60 le nombre de PNR en France, à l’approche du 60ᵉ anniversaire de cet outil de préservation de l’environnement et de développement des territoires. Situé au cœur des Pyrénées centrales, le Parc couvre 170 000 hectares, 195 communes et 5 communautés de communes. Il abrite un patrimoine naturel, culturel et paysager remarquable. Sa biodiversité comprend notamment des espèces emblématiques comme l’ours brun, le desman des Pyrénées et le gypaète barbu.
L’extension de la réserve naturelle nationale de Sainte-Victoire, dans les Bouches-du-Rhône, a permis de doubler sa superficie, désormais portée à 281,6 hectares, afin de mieux protéger son patrimoine géologique et naturel, notamment les habitats de l’Aigle de Bonelli.
La nouvelle réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados protège, quant à elle, un patrimoine géologique d’intérêt international, ainsi que des habitats et des espèces remarquables du littoral normand. Elle couvre 1 877 hectares, dont 1 308 hectares d’espaces maritimes.
Enfin, la signature, en décembre 2025, d’un arrêté préfectoral de protection d’habitat naturel portant sur les écosystèmes glaciaires et post-glaciaires en Haute-Garonne contribue à renforcer la protection des milieux glaciaires des Pyrénées.