Chatou. Le cœur a ses raisons que la raison ignore..

L’exposition « Le désir du cœur » explore le désir sous toutes ses formes, sans jugement et indépendamment de la possibilité de son accomplissement. Plutôt qu’un sentiment à réprimer ou à dépasser, cette qualité profondément humaine peut devenir une force créatrice dans les domaines artistique, émotionnel et spirituel. Pour Jessica Cerasi, « L’exposition cherche à toucher quelque chose de fondamental et d'universel : la persévérance et l'espérance de l'esprit humain, contenues dans cet état de désir. »
Le concept de désir irrigue la pensée soufie, notamment à travers la poésie de Rūmī, d’Ibn Arabī et de Rabia Basri, ou encore de récits tels que Layla et Majnun ou l’allégorie de la Rose et du Rossignol. La parabole du ney de Rūmī, la flûte de roseau arrachée à son lit et implorant son retour, personnifiée dans les premiers vers du Masnavi, illustre la compréhension soufie de la séparation comme condition qui éveille l’amour. Loin d’un état mélancolique, le shawq est décrit par les maîtres soufis comme un feu qui
consume l’attachement et l’illusion, animant la quête d’union avec le Divin.
L’exposition - du 3 octobre 2026 au 12 septembre 2027 - s’appuie sur la collection permanente du musée. Parmi les pièces phares : une tunique de prière de l’époque Qajar (XIXe siècle), brodée sur toute sa surface de versets coraniques. Sa symétrie et les motifs végétaux reflètent l’esprit du porteur. Un cadenas de l’époque Safavide du XVIe siècle à ouverture dite abjad, un système élaboré de code où les lettres arabes correspondent à des numéros.
Cet objet résonne avec la métaphore soufie du cœur comme espace verrouillé, accessible seulement grâce à une transformation intérieure.

©JulienLBPhotographyParis.
Musée d’Art et de Culture Soufis MTO
6 Avenue des Tilleuls 78400 Chatou