Le changement climatique menace aussi le patrimoine français...

La cité de Carcassonne, photo Chensiyuan.
Alors que l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019 a rappelé l’attachement collectif au patrimoine français, les 20 sites étudiés dans ce rapport témoignent de la diversité des situations auxquelles le patrimoine est confronté. Monuments, sites archéologiques, patrimoine industriel, collections ou encore lieux de pratiques culturelles sont confrontés à des risques différents selon leur localisation et leurs caractéristiques. Le rapport détaille les risques auxquels chaque site est exposé et les actions entreprises ou possibles pour s’y adapter. Des contributions d’expertes et experts du patrimoine culturel viennent compléter ce panorama.
Le patrimoine culturel est directement touché par des épisodes extrêmes, par exemple lorsqu’une inondation endommage un monument, ou lorsqu’une tempête ou un feu de forêt provoque des destructions brutales. Il se dégrade aussi progressivement et sur le long terme, lorsque la chaleur extrême fragilise des collections, que l’érosion côtière menace un site ou que la sécheresse déstabilise un bâtiment. Le changement climatique aggrave ainsi des vulnérabilités existantes et oblige les acteurs du patrimoine à anticiper au mieux les risques. Un mouvement qui devrait s’inscrire dans le temps puisqu’une étude récente révèle que l’intégralité des 110 sites gérés par le Centre des monuments nationaux devrait être fortement exposés à plusieurs aléas climatiques à l’horizon 2050.
Les jardins et paysages patrimoniaux sont eux aussi affectés par les sécheresses et les fortes chaleurs, les savoir-faire et certaines pratiques culturelles sont remis en question, les épisodes de chaleur extrême compliquent les conditions de travail des équipes et l’accueil des visiteurs. Ces transformations soulèvent donc des enjeux de conservation, mais aussi des questions humaines, économiques, sanitaires et écologiques.
Face à ces périls, les acteurs du patrimoine peuvent mettre en place différentes mesures d’adaptation : plans d’urgence, protocoles en cas d’inondation ou de fortes chaleurs, protection des bâtiments et des collections, adaptation des conditions d’accueil du public… La prévention de ces risques peut avoir des conséquences importantes sur le fonctionnement des sites. En 2016, face à la crue de la Seine, le musée du Louvre a fermé ses portes pendant quatre jours à titre préventif, afin notamment de protéger ses collections. Cette fermeture avait entraîné une perte annoncée de 1,5 million d’euros.
Mais l’adaptation a du retard et ne suffira pas. Plus le réchauffement sera important, plus les impacts sur le patrimoine seront nombreux et difficiles à gérer. La meilleure façon de protéger notre patrimoine face au changement climatique reste de limiter le réchauffement lui-même, en réduisant fortement et rapidement les émissions de gaz à effet de serre.
Pour Benjamin Crettenand, auteur du rapport : « celui-ci a vocation à donner une vision claire de la diversité des impacts du changement climatique sur notre patrimoine. Il ne s’agit pas uniquement de dégradation de bâtiments. Sauvegarder le patrimoine, c’est protéger une économie, la santé des visiteurs et professionnels, et un attachement à des territoires ».
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