Cadmium. Depuis 40 ans on sait que c’est cancérigène...

Catégorie C'est notre santé
Le cadmium est un métal lourd que l’on trouve dans certaines roches phosphatées servant à la production d’engrais. Sa toxicité et sa capacité à s’accumuler durablement dans les sols en font un enjeu sanitaire important. Le Gouvernement promet de limiter progressivement, à partir du 1er janvier 2027, la teneur en cadmium contenue dans les fertilisants et dont on retrouve des traces dans notre alimentation.


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Si le gouvernement a pris récemment des décisions sur le contrôle de ce métal cancérigène, c’est parce que des associations, de médecins, de scientifiques et des dirigeants politiques l’on poussé à agir.

Ainsi, faisant suite à la publication d’une tribune initiée par un collectif de médecins dénonçant l’attentisme du gouvernement, l’association Agir pour l’environnement a engagé, par la voie de son avocate Corinne Lepage, une procédure contre le ministère de l’Agriculture devant le Conseil d’État. Cette procédure contentieuse a été suivie d’une pétition signée par près de 40 000 personnes et d’analyses mettant en évidence la présence de cadmium dans la plupart des céréales du petit déjeuner.

Cette première avancée, toute relative et tardive qu’elle soit, est également due à l’initiative parlementaire engagée par Benoît Biteau et Clémentine Autain. Leur proposition de loi, largement adoptée à l’Assemblée nationale, a mis le gouvernement face à sa responsabilité : protéger les Français et les Françaises.

Cette victoire laisse malgré tout un goût âcre dans la bouche. Car si le gouvernement se décide enfin à agir, ce n'est qu'après 40 ans d’alertes. En effet l'Organisation mondiale de la santé en 1993 avait classé le cadmium comme « cancérigène certain pour l’Homme ». La prise en cause de ce constat et, à terme, l’interdiction des fertilisants en contenant des quantités excessives aurait probablement évité des milliers de cancers du pancréas.

Cette course de lenteur dit quelque chose de l’influence de certains acteurs industriels tout comme de la porosité de certains décideurs politiques, en ce qui concerne la santé des consommateurs.