Cannes. La faïencerie du Mont Chevalier...

Catégorie Pays de Lérins

Rares sont les Cannois qui savent qu’il existait une faïencerie dans le quartier historique de la ville. Grâce à Richard David, ils ont l’occasion d’en savoir un peu plus et de découvrir des pièces de qualité. Une sélection d’objets de faïence est visible au siège de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes (*) dont il est d’ailleurs le président. Gilles Massé est allé à la rencontre de ce collectionneur :



- Richard David -


Création et situation de la faïencerie?


- Elle était située au Suquet dans l'ancien château de Cannes et occupait une grande partie du musée actuel de la Castre, propriété de la famille Hibert. Son fonctionnement a duré de septembre 1878 à septembre 1931.


Les principales étapes ?


- Une première société est constituée par Léon Castel associé à Alfred Pinard de Golfe-Juan pour exploiter la fabrication et la vente de céramiques décorées. Suite au décès de ce dernier, Léon Castel  se retrouve seul à la tête de l’entreprise en janvier 1879 et s’associe avec un autre céramiste, Paul Lambert, puis avec François Rizzo venant de l’atelier Clément Massier à Vallauris. En 1902, Léon Castel cède ses parts à son fils Léon-Marc, tous deux utilisent la même signature L. ou Léon Castel. En 1920, la faïencerie est cédée à Émile Lauriac, un faïencier de Marseille. Puis soudain en 1921 Émile Lauriac revend l’entreprise à Léon Castel qui la dirigera jusqu’en 1931. 

La faïencerie produira sous l’appellation « Manufacture de Poteries Artistiques » des pièces à décor divers dont une spécialité de décor aux palmiers, des grès flammés et des reflets métalliques. En septembre 1931, Léon-Marc Castel ferme la manufacture dont les locaux avaient été acquis entre-temps par la Ville de Cannes qui deviendront une annexe de l’école du Mont-Chevalier.





Comment et pourquoi avez-vous réalisé cette collection ?


- Mon épouse s’intéressant au passé cannois, un ami antiquaire lui offrit dans les années 1980 un petit pichet de cette fabrication qui fut le début de notre pôle d’intérêt pour cette faïencerie. C’est ainsi que nous avons commencé à acquérir diverses pièces en chinant sur les marché à la brocante et les salons d’antiquités, découvrant petit à petit les différentes formes, décor et techniques de fabrication. Divers professionnels connaissant notre intérêt pour cette faïencerie du Mont-Chevalier nous ont ainsi proposé des pièces, curieusement nous en avons trouvé que très peu dans la région, mais surtout dans des lieux éloignés : région parisienne, Nord, Bretagne, ainsi que dans des pays étrangers : Angleterre, Belgique, Pays-Bas, États-Unis… Ce qui précise bien l’intérêt touristique de la faïencerie.


Que représente t-elle ?


- Cette collection comporte aujourd’hui plus de trois cents pièces, toutes signées, sauf deux exceptions, rares sont les pièces datées, quelques-unes seulement, de la fin du XIXe siècle.


Gilles Massé



(*) 10  rue saint-Antoine au Suquet. Visites sur rendez-vous au 04.93.69.11.57