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Cannes : Brochand rempile…

mais c’est Lisnard qui gagne.

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Philippe Buerch, animateur de la première heure d’une « Droite avec Macron », avait volé la vedette à Bernard Brochand en arrivant juste devant lui au premier tour des élections législatives. Au second, sans même daigner participer au débat républicain, une tradition à mettre à l’actif du quotidien Nice-Matin, c’est le député sortant qui remportait une nette victoire.


Si David Lisnard doit l’essentiel de sa carrière politique à Bernard Brochand, son mentor, pour ce énième round, c’est ce dernier qui lui doit sa place à l’Assemblée nationale. En effet, à l’issu du 1er tour, sonné par un score improbable, rien n’était gagné. Après avoir fait une belle campagne de terrain, son opposant, Philippe Buerch, surfant sur la vague « En Marche », partait gagnant. Mais les réseaux Lisnard se mirent en branle car pas question de laisser gagner ce trouble fête qui avait à plusieurs reprises apporté son soutien aux municipales à des listes concurrentes, voire avait eu le culot de se présenter contre les investis de son propre parti. Même le fait qu’il se réclamait d’une droite humaniste, n’avait pas suffi à lui accorder une place dans l’aréopage local…


D’autres raisons ont sans doute participé à cette réélection qui peut paraître cocasse. En effet, les électeurs de la 8ème circonscription ont préféré accorder leurs voix à un candidat qui s’était distingué par son absentéisme record sur les bancs de l’Assemblée nationale, qu’à un candidat qui se consacrerait entièrement à son mandat de député, un candidat à l’opposé de cette volonté des Français de renouvellement de la gente politique, de leur appétit de voir disparaître certaines pratiques comme la fâcheuse habitude de cumuler les... mandats.


Force est de constater que le taux de participation particulièrement bas, 40,31 %, a été favorable au candidat sortant. Que le corps électorat azuréen est très conservateur, que la vie politique est aux mains de l’actuelle majorité municipale. Que le fait d’avoir choisi comme suppléant David Lisnard, malgré le fait qu’il serait dans l’impossibilité de le remplacer, sauf à laisser sa place de maire, se révéla être un avantage. Que les sympathisants du Front national ont certainement préféré donné leurs voix au second tour au représentant d’une droite dure qu’à un candidat trop… centriste à leur goût. De leur côté, les réseaux sociaux ont largement contribué à connoter « En Marche » comme un mouvement plus à gauche qu’à droite.


Reste que le taux extravagant d’absentéisme a quelque chose d’inquiétant pour notre démocratie. Les élus le sont avec si peu d’dhésion populaire que leur crédibilité en prend un sacré coup, ce qui ne semble pas les affectés d’ailleurs. Élus avec 100 voix d’avance ou mille, c’est kik-kif bourricot... Élu avec 60% des électeurs inscrits qui sont restés à la maison et ne t’ont pas fait confiance, et avec seulement un électeur sur cinq qui a voté pour toi, pas vraiment de quoi pavoiser mais qu’importe au fond, tu es élu et il n’y a que ça qui compte…