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Les Jeux Olympiques de... l'hypocrisie.

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Catégorie Pieds dans le plat

Les grandes nations se taillent la part du lion et s'auto-félicitent de leur bilan. A quand des JO pour tous... ceux qui veulent les organiser ?



Le bilan des JO est, pour beaucoup d’États, la justification de leur présence et des budgets considérables consacrés au sport de haut niveau. C'est pour ça que le classement des médailles par nation est toujours à leur avantage. Il ne reflète pas la réalité de la pratique sportive de compétition amateurs et professionnelle aussi qui varie considérablement d'un pays à l'autre. Il ne tient pas compte (et on devine facilement pourquoi) du nombre d'habitants, des budgets investis. Ce choix délibéré et historique fausse les compteurs. Peut-on comparer les résultats de la Suisse, des Îles Fidji avec ceux de la GB ou des USA ? On le pourrait pourtant s'il y avait un coefficient qui puisse d'appliquer. Cela permettrait de ne pas retrouver toujours les mêmes au début du classement et toujours les mêmes en queue de peloton… On serait alors surpris de trouver des nations valorisées pour les quelques médailles obtenues tandis que de grandes républiques ou fédérations se retrouveraient reléguées, vers le milieu du tableau.


On pourrait aussi à l'heure des bilans avoir l’honnêteté de comparer leur nombre par celui du total des médailles décernées [1948 à Rio]. En effet le nombre des sports et des épreuves augmentent sans cesse, celui des médailles suit le mouvement. Ainsi nous n’aurions pas les mêmes appréciations des performances si l'on calculait le nombre de médailles État par État en pourcentage du total de toutes celles décernées (sans oublier les ex æquo). Adieu alors les records mis opportunément en exergue pour faire mousser les dirigeants… et se rassurer aussi. On pourrait aussi appliquer un coefficient en fonction du nombre de disciplines auxquelles on participe et d’épreuves aussi… [L'actuel programme olympique se compose de 35 sports, de 56 disciplines et de près de 400 épreuves.]


Inutile de comparer la valeur absolue d'une récompense amplement méritée dans un sport confidentiel avec celle d'un sport de masse, ce serait faire insulte à ceux qui le pratiquent. On pourrait malgré tout parler du sport amateur avec celui franchement professionnel. On préfère ressasser la notion d' « esprit olympique » lorsqu'un athlète fait preuve de fair play, et, lorsqu'il le faut, ressortir opportunément la devise « l'essentiel est de participer ». Qu'en pense les équipementiers, Coca Cola et les autres généreux sponsors des athlètes ?


Autre aspect sous-traité, celui du coup réel des Jeux pour le pays organisateur. Qui veut vraiment s'engager la-dessus ? Sûrement pas les pays candidats qui présentent systématiquement, comme lorsqu'il s'agit de tous les grands projets qu'ils défendent, avec un budget qui manque pour le moins de… sincérité. Sous-estimé pour ne pas trop affoler le citoyen lambda (enfin, les rares qui s'en soucient vraiment), alors qu'on sait qu'il se multipliera par deux ou par dix. Une fois l'affaire engagée, il est de toute façon impossible de faire marche arrière. Ce ne sont pas les grandes entreprises comme le BTP par exemple qui dénonceront un système dont elles tirent bénéfice. Il n'est évidemment pas nécessaire de demander leur avis aux athlètes, aux fédérations, aux clubs… partis prenantes. Juges et partis, ils ont eux tout à gagner de la gabegie olympique.


Selon les informations connues, rares sont les villes et pays organisateurs qui ont été nettement bénéficiaires. On pense aux Jeux de Los Angeles et d'Atlanta. Le capitalisme américain semble le plus apte à retomber sur ses pieds… D'autres pays payent sur le long terme la facture. Montréal et le Québec auront mis des lustres pour régler celle du stade olympique ; incapable d'assumer les frais pour faire venir sa couverture, celle-ci est restée dans des entrepôts à Marseille durant plusieurs années… Actuellement le stade est seulement utilisé pour les cartes postales et la visite de touristes en mal de nostalgie… Les exemples ne manquent pas, que ce soit pour les JO d'été et d'hiver, d'installations fabriquées à grand frais et qui sont sous-utilisées ou en déshérence.


On peut bien sur modérer ces critiques et boire le verre à moitié plein plutôt que celui à moitié vide. Avec modération comme il se doit car l'argument qui consiste à affirmer que les entreprises privées tirent un grand profit de l'aventure, que leurs bénéfices soumis à l'impôt créaient de l'emploi compensent-ils les sommes astronomique investies par les États et les villes qui ne voient pas pour autant leurs dettes baisser ?


Alors quel avenir pour des JO qui enflent qui enflent et semblent avoir atteint leur point d'incompétence ? Quel pays aura l'ambition de les organiser et les sous le faire ? Quel pays pourra répondre au cahier des charges de plus en plus démentiel ? Ils vont se compter sur les doigts d'une main. On retrouvera parmi eux immanquablement ceux qui trustent les 10 premières places au classement sur mesure des médailles…


Plusieurs pistes sont à creuser pour retrouver des JO à taille humaine susceptibles d'être organisées par tous sans pour autant... creuser les dettes d'un pays. Des JO fractionné par groupes de disciplines ayant des points communs, l'eau par exemple ; les sports collectifs ensemble, les disciplines individuelles rassemblées… Pourquoi pas un spécial JO historique qui réuniraient les disciplines et les épreuves des premiers Jeux modernes ? Mais qui aura le courage culotté de mettre le dossier des Jeux à plat ?