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Algérie : la mémoire dure

des Pieds-Noirs...

Catégorie Les paradoxales

Entre la valise et le cercueil, le choix des Français d’Algérie chassés quasiment du jour au lendemain, était simple. Le retour en Métropole le fut beaucoup moins. Quant à l’accueil qui fut réservé à ceux qui débarquèrent à Marseille par le maire socialiste Gaston Defferre, il n'eut rien de républicain, et encore moins... compassionnel… c'est le moins qu'on puisse écrire.


« Chez nous en Algérie, la Méditerranée était au nord » se rappelle Jocelyne Mas… Son livre est un hommage sensible et poétique, sans haine, à ce pays qui était le sien. Nostalgie d'un passé qui s'estompe et disparaîtra des mémoires humaines restantes et qui sera gommée par la volonté de politiciens que veulent réécrire l'histoire à l'aune de leur conviction. Les faits sont là pourtant, à portée de… mémoire. Il suffit d'écouter les cœurs qui battent encore.


Le livre de Jocelyne Mas avait touché Jacques Peyrat. L'ex sénateur-maire de Nice avait alors écrit à son auteur une lettre touchante :


« Le terrorisme, les atrocités, la naissance d’une Nation au détriment de ceux qui l’ont construite, l’exode d’un peuple… la guerre d’Algérie a été un drame pour ceux qui y vivaient et qui l’ont quittée par force, dont les compatriotes métropolitains n’ont pas mesuré l’ampleur. Elle fut aussi un drame pour la multitude qui n’a pas voulu voir, ni cherché à comprendre, et qui subit maintenant les conséquences funestes d’un tel abandon.


Je croyais en une Algérie française, que je continue de regretter. Avec l’exode d’une population, fut victime également l’Armée que l’on avait engagée dans une guerre qui n’osait pas porter son nom et qu’elle avait gagnée pour la première fois depuis 22 ans ! Unités dissoutes, Officiers et Sous Officiers jetés en pâture devant les Tribunaux d’Exception, exécution de Bastien-Thierry, Degueidre, Piegts et Dovecar, échos sinistres de la fusillade de la rue d’Isly et des massacres d’Oran dont les responsabilités restent encore mystérieuses.


Natif de Belfort, j’ai, encore enfant en 1939, connu l’exode sur les routes de France et l’abandon de ma Ville et de ma maison. Mais quatre ans après, je les retrouvais intactes. Nos compatriotes d’Algérie, eux, ont tout perdu, irrémédiablement.


Le mérite de Jocelyne Mas est de nous faire découvrir l’épopée de ces modestes familles « Pieds-Noirs », implantées dans cette terre française d’Orient, restées profondément attachées à la France que leurs hommes étaient venus défendre en 1914-1918 et libérer en 1944-1945 sous les coups conjugués de la menace d’un cercueil et d’un lâche abandon de la métropole.

De Baraki, aux multiples senteurs, jusqu’à Nice aux multiples facettes, plus récente venue dans le territoire National en 1860, que l’Algérie en 1830, nous revivons - ou découvrons parfois - cette histoire heurtée, remplie d’alternance de bonheurs simples, paisibles et joyeux, et de cauchemars meurtrissants trouvant son épisode en débarquant dans la solitude, sur un quai d’aérogare ou de port à ce qu’elle qualifie «  d’horreur de la folie humaine ».


Vous avez été quatre, voire cinq générations de français d’Algérie sacrifiés, grands-parents, parents, enfants dans une indifférence honteuse d’un Pays qui ne croyait plus en lui-même. D’un style souple comme le pas des centurions, odoriférant, lourd du passé de l’Histoire perdue, est très joliment décrite cette attachante famille Pied-Noir, à la fois si semblable et si différente de la nôtre qui n’a pas voulu faire l’effort de la comprendre.

Comme ceux qui sont allés, par contrainte, se battre dans les djebels, on découvre dans ce livre, un pays de passion, mis en valeur par ceux qui en ont été chassés, où se côtoyaient des races, des cultures et les trois religions dont le livre fait mention. Merci, Madame Jocelyne Mas de ce beau récit qui raconte l’Histoire, de manière agréable à lire, émouvant le plus souvent, quoique sans concession, avec une leçon de vie qu’il est bon de donner à beaucoup de Français J'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre livre et d'émotion aussi. »


  • Comment ne pas faire un parallèle avec des événements plus récents, comme l'accueil des Algériens en France, la volonté de culpabilisation du passé colonialisme français, etc, etc...