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Nice : les remarques de la Cour des Comptes

à propos du financement du stade Allianz...

Dès que connu, le Rapport d'observations de la Chambre Régionale des Comptes Provence-Alpes-Côte d'Azur sur la gestion de la construction du grand stade de Nice faisait réagir Olivier Bettati. De quoi faire grincer des dents à la majorité en place, majorité dont il faisait parti il y a encore quelques mois. Morceaux d’anthologie où il... égratigne le maire, son équipe rapprochée, un ancien préfet... et Nice-Matin aussi...


S’il y a une chose que je ne vous reprocherais jamais c’est bien de ne pas travailler et de ne pas connaitre vos dossiers.Ce stade que vous avez réellement porté, je l’ai voté et même avec enthousiasme. Je me rappelle encore des réunions de la majorité, enflammées, auxquelles vous nous aviez conviés, maquettes et plans en mains.

Je me rappelle l’architecture réussie, ce qui est vrai. Je me rappelle ce financement génial qui nous permettait d’aller plus vite. Je me rappelle aussi vos affirmations convaincantes expliquant que ce ne serait plus les Niçois qui paieraient, si ce n’est une broutille.

Bref, nous étions les pionniers d’une ère nouvelle pour les collectivités. L’ère où les entreprises privées prendraient le relais des collectivités. Bref, ce stade nous coûterait quasiment rien et permettrait au GYM d’être une grande équipe avec un grand stade.

Je me rappelle même que vous aviez attaqué en diffamation une jeune femme, Séverine Tessier, quant au propos qu’elle avait tenus sur le montage financier. Bref, moi comme les autres, je me suis laissé embarqué par votre talent de conteur.

Aujourd’hui, Nice se retrouve, de nouveau, ramenée aux heures les plus sombres de son histoire. Une fois encore, cela a commencé par un petit article de journal, hier le Standard, aujourd’hui Médiapart. Une fois encore, le Maire en place a indiqué être totalement serein face à un dossier vide. Et une fois encore le maire en place a, sur une page entière de Nice matin, donné des explications techniques. Une fois encore le maire en place s’est étonné de la concordance de la sortie des affaires la veille d’une élection. Et une fois encore, la police judiciaire investit l’Hôtel de ville au petit matin.

La Cour Régionale des Comptes nous révèle avec un grand étonnement que la société Bouygues se serait trompée en rendant son offre alors qu’elle obtenait en même temps le Vélodrome de Marseille. Mais n’oubliez pas si vite Nice. Je veux rappeler que Bouygues ne se trompe pas toujours puisque c’est à Nice que cette société a obtenu le mirobolant contrat du tunnel du tramway. 

Pire, on apprend aussi qu’un des actionnaires du GYM a acheté la pépite de cette opération ! Avouez avec moi que venant de vous cela est surprenant ! Car vous êtes l’Homme des régies, de la cantine à l’eau en passant par les CEDAC. Mais pas de régie, donc, pour ce qui aurait pu ramener, semble-t-il beaucoup d’argent à la ville. Je parle de l’immense centre commercial payé selon la CRC, de facto, par la Ville. Enfin, il est stupéfiant d’apprendre que la commune n’a procédé à « aucune analyse économique » avant de signer un tel contrat.

Je crois inutile de continuer la longue liste effeuillée comme une marguerite par d’autres. Dès la révélation de ce rapport, j’ai lu avec attention, Monsieur le Préfet, vos explications dans Nice-Matin. Je vous cite, de tête, vous disiez : « La critique formule par la CRC sur le montage financier de l’époque s’adresse au gouvernement ». Je crois que vous étiez, à l’époque, Préfet des Alpes-Maritimes et donc représentant du gouvernement en charge du contrôle de légalité, mais passons…

Par contre, expliquer que c’est Francois Hollande qui encourage cette opération, outre le fait qu’à cette époque il était Député de Corrèze, me parait un peu court pour une pilule de 400 millions d’euros. Je vous sais trop brillant pour avoir vous-même imaginé cette explication abracadabrantesque.

Il faut bien mal connaître les Niçois pour penser qu’ils vont croire à ce scénario. Il faut que les Niçois soient cléments avec vous car, disons-le franchement, ce n’est pas vous, qui vous précipitez le plus devant les objectifs des caméras aux moindres événements. J’imagine donc que, tel un acteur de théâtre mal préparé, vous avez répété le texte écrit par le nouveau gourou de la Mairie, dont j’ai oublié le nom, mais qui a dû, j’imagine, revenir précipitamment de ses 6 mois de congés payés, gracieusement accordés par le Maire pour aller découvrir la Provence et les Alpes…

Ainsi, sans préjuger de ce qui pourrait arriver, nous sommes devant une simple réalité : Soit Monsieur Estrosi vous saviez, ce que je ne peux pas croire, car vous auriez dans ce cas participé à organiser, je ne sais quoi, mais qui aura poussé le parquet de Paris à nous envoyer ses plus fins limiers pour comprendre comment on passe discrètement d’une opération quasi gratuite pour les niçois à une note de 400 millions d’euros.

Soit vous ne saviez pas, mais alors cela veut dire que vous ne seriez plus le patron chez vous ce qui en dirait long sur un aspect, bien plus politique.

Veni, Vidi, Vinci


  Olivier Bettati