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Côte d'Azur : La taxe sur la plaisance ?

Ça se discute…

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De Théoule à Menton, l’industrie du tourisme, entre autre azuréen, se positionne unanimement à propos de cette nouvelle taxe. La CCI, le CRT et les élus emboitent allégrement le pas. Il est vrai que nous sommes les champions du monde en la matière et que les impôts constituent l'indispensable ingrédient de nos sociétés qui hésitent entre libéralisme et socialisme, entre « tout est permis si cela produit de la prospérité économique » et une solidarité sociale assortie de considérations écologiques dont le coût est de plus en plus élevé…

- les marinas, belles aux mâts dormants... Mandelieu aussi -

L'industrie nautique est un cas d'école. Tout le monde applaudi à cette activité dont le développement est source d'emplois et de prospérité. Elle a pris au début des années soixante un rythme de… croisière avant de véritablement exploser. Le port Canto à Cannes fut en 1965 le premier d'une longue et interminable série de marinas où dorment 11 mois par an des milliers de bateaux dont certains somptueux. La course à la démesure a donné des quais à revendre et fait le bonheur de toute une industrie du luxe. Quant aux compagnies maritimes qui viennent avec leurs monstres des mers défigurer et polluer nos baies et nos mers, elles sont capables de déverser pour une heure ou deux, des milliers et des milliers de touristes assoiffés d'images d'Épinal et de babioles made in China.


Le tourisme durable est aussi un enjeu qui dérange les plans des professionnels sur le court et moyen terme. Depuis plusieurs décennies déjà, la pêche locale ne suffit plus à nourrir une population qui explose durant l'été. La consommation d'eau se démultiplie au rythme du remplissage des baignoires et des piscines privées. L'air est pollué, l'eau de mer a perdu de sa limpidité, le temps passé pour aller d'un point (l’aéroport) à un autre (le lieu de résidence) frise le ridicule… Ainsi s’égrène la liste des nouvelles contraintes, mais il vaut mieux tenir que courir n'est-ce pas ? Le tiroir caisse se vide tous les soirs et à la fin de la saison, on dresse le bilan.


De leur côté, les élus se démènent comme ils peuvent avec plus ou moins de réelle conviction. Beaucoup de déclarations d'intention, de Commissions ad hoc, de conférences, d'auto proclamations de « plus écolo que moi tu meurs ! »… Mais est-ce suffisant pour voir la situation s'améliorer. Les indispensables usines de traitement de l'eau fonctionnent à plein mais ont du mal à éponger nos eaux usées tandis que l'eau de mer se charge de dangereuses particules de plastique…


Alors cette nouvelle taxe qui touche une activité essentiellement de loisir apportera-t-elle l’ombre d'une solution ? Christian Estrosi prenait l'autre jour l'exemple de la Sardaigne qui aurait fait l'expérience de ce type de taxe pour faire rapidement marche arrière après avoir constaté une diminution de 50 % de sa fréquentation. Les sommes collectées serviront-elles une noble cause ? Rien n'est moins sûr. Elles auront peut-être le mérite de diminuer la pression sur le biotope marin et de protéger des zones très sensibles comme les îles de Lérins. Ce n'est déjà pas rien après tout !


  • NDLR : la taxe de mouillage en question imposerait les bateaux stationnant dans une aire marine protégée sur la base de 20 € par mètre linéaire et par jour. Soit 100 € pour un bateau à moteur de 5 mètres et 300 € pour un voilier de 15 mètres. Dissuasives pour les petits surtout… Quant à ceux capables de dépenser 1500 € de gasoil pour effectuer avec leur bolide des mers « à fond la caisse » Monaco Saint-Tropez, c'est peanuts !