Paris Côte d'Azur

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Archives 2003 : décembre

fait divers...

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Coup d’œil dans le rétroviseur.


  • 90 ans. C'est l’âge avoué de la Grande Loge Nationale Française. Si elle se défend de faire de la politique, il est difficile de ne pas y faire référence tant est important le nombre de ses adhérents qui en font. A Cannes par exemple, on a connu une période pas si lointaine où le nombre de conseillers municipaux qui n'était pas francs-maçons était probablement inférieur à ceux qui l'étaient. C'est à Cannes justement que se fêtera ce mois-ci le 90ème anniversaire de la GNLF, sous la houlette de Me François Stifani. Destination internationale, la ville recevra plus de 40 délégations dont l'Australie,  le Bénin,  le Canada, la Grande Bretagne, Haïti, l'Iran, Israël, le Togo, la Russie, les USA… Rappelons que la GNLF est reconnue par 7 millions de franc-maçons répartis dans 136 pays. Pour la France, ils sont 31 000 mais combien dans les Alpes Maritimes et dans chaque institution d'importance ? Elle enregistre en tous les cas la plus forte croissance de ses effectifs dans le monde.
  • La Roquette-sur-Siagne. Les électeurs avaient à choisir une nouvelle équipe municipale. Ils ont décidé de remettre en selle l'équipe de Victor Daon qui avait été remerciée aux dernières élections. Elle revient ainsi aux affaires avec un score confortable. Elle recueille davantage, au deuxième tour, que les trois autres listes restées en lice. Une certaine confusion régnait, il faut bien l'avouer, depuis que pour raisons de santé, Mme Catherine Giacomoni, le maire sortant, avait du laisser son premier adjoint, diriger pendant plusieurs mois la mairie. Prenant goût à la fonction, celui-ci avait tout fait pour provoquer des élections anticipées. Le nouveau maire s'est engagé à baisser les impôts de 30 %. Il faut rappeler qu'immédiatement après la fin de son mandat, la préfecture avait du mettre la commune sous tutelle et que la Cours des Comptes avait imposé une augmentation des impôts locaux de 65 %. Curieusement, les électeurs ne lui en ont pas tenu rigueur. Il reste au maire à tenir ses promesses. Il bénéficiera en tous cas du bilan des perdants qui avaient commencé à redresser les finances tout en engageant d'importants travaux.
  • Rumeurs. Périodiquement elles se propagent et souvent autant en emporte le vent. Pourquoi, pour qui ? Comme pour des propos diffamatoires, leurs auteurs espèrent qu'il en restera toujours quelque chose. Et, puis, c'est un bon moyen d'aller à la pêche, en observant les réactions. A Cannes, une rumeur persistante parle d'une possible démission du maire avant la fin de son mandat. Il donnerait priorité à sa mission auprès du Premier ministre sur la construction d'une chaîne de télévision internationale. Il laisserait alors le champ libre à son poulain, le jeune David Lisnard. Sous réserve bien sur que la majorité municipale se plie au souhait du maire sortant. Mais, Bernard Brochand n'a même pas besoin de démentir. Il l'a bien fait comprendre aux élus de sa majorité réunis à l'île St. Marguerite. Pour Cannes, il a des projets pour 10 ans.
  • Autre rumeur, celle du grand retour de Michel Mouillot qui s'est rapproché de Cannes. Il a toujours ici des fidèles partisans qui s'agitent dans l'ombre, nostalgiques d'un passé révolu. Il lui faudrait aussi convaincre ceux qui l'avaient officiellement soutenu de le rejoindre. Depuis, nombre d'entre eux sont venus grossir les rangs de l'actuelle majorité. Quant au rôle que pourraient jouer les francs-maçons dans un contexte qui deviendrait vite passionnel, seuls les initiés sont capables de répondre. Cerise sur le gâteau de la rumeur, le nom d'Alain Afflelou était encore récemment évoqué. Cannes est décidément une ville qui attire, et pas seulement les touristes !
  • Éminence. Eric Ciotti est le directeur de cabinet de Christian Estrosi. Un rôle essentiel dans l'organigramme du nouveau président du Conseil Général des Alpes Maritimes. Ami de longue date de Christian Estrosi, il a pris de l'expérience avec Claude Gaudin à la Région. Durant les présidentielles de 95, il a aidé Edouard Balladur, travaillé en symbiose avec Nicolas Sarkozy et cultivé des rapports privilégiés qui devraient être particulièrement utiles dans la suite des événements.
  • Le Conseil des Sages. Composé de membres bénévoles cet organisme consultatif s'est implanté dans de nombreuses villes. A Cannes, c'est Michel Mouillot qui l'a mise en place en 1990. Son premier président fut Jacques Juillet, ancien préfet, suivi par J.J. Robert, ancien président de la Chambre de Commerce et d'Industrie. Ce dernier n'a pas renouvelé sa candidature et le Conseil ne s'est pas réuni depuis l'installation de la nouvelle municipalité. Cet organisme consultatif, chargé essentiellement d'une mission de conseil à la demande du maire sur les affaires, projets et travaux, serait-il à la recherche d'un nouveau président, un président compatible avec la municipalité actuelle ? Pourquoi pas une femme cette fois ? Comme Arlette Armaroli qui vient de quitter la présidence du Tribunal de commerce.
  • Malik Saïdoullaïev. Nous avions pu rencontrer cet homme d'affaires tchétchène au Théâtre Noga Croisette grâce à son directeur Bernard Sevege. Il avait manifesté son intention de se présenter à l'élection présidentielle en Tchétchénie. Ses appuis importants à Moscou lui laissaient l'espoir d'être le candidat choisi par la Russie et donc avec toutes les chances d'être élu. Mais c'est le chef du gouvernement provisoire, Akhmad Kadyrov qui a obtenu l'indispensable Sésame. Malik Saïdoullaïev affirme qu'on lui a promis, en échange de son retrait de la course, un poste important ou des opportunités d'affaires.
  • Devoir de mémoire. Nombre d'élus sont passés devant les tribunaux pour des motifs plus ou moins graves. Certains ont été relaxés, d'autres condamnés à de inéligibilité. Leur peine effectuée, beaucoup n'ont pas craint de se représenter devant leurs électeurs, généralement avec succès. Balkany à Levallois-Perret, Jacques Mellick à Béthune, Gérard Longuet dans la Meuse, Henri Emmanuelli dans les Landes, Christian Nucci dans l'Isère, pour ne citer que ceux là. François Léotard est l'exception qui confirme la règle. Ce qui ne l'empêche pas de finir sur une confortable voix de garage, à l'inspection générale des finances. Quant à Michel Noir, l'ancien maire de Lyon, il n'en a pas fini de ses démêlés avec la justice. Mais, jusqu'à preuve du contraire, il ne semble pas prêt à remettre le couvert. Contrairement, à ce que la rumeur propage à Cannes au sujet du retour de Michel Mouillot. 
  • Les Italiens. Plus forts que les Français à propos de la réforme des retraites, ils ont été 10 millions à descendre dans la rue pour protester contre une évidence : la faillite d'un système. Fidèles en cela à une logique imparable, compréhensible et largement répandue, celle qui consiste à se battre pour conserver ses avantages. Le projet vise à inciter jusqu'en 2008 les salariés qui acceptent de repousser l'âge de leur départ à la retraite, officiellement fixé à 65 ans pour les hommes et à 60 ans pour les femmes. Actuellement, la moyenne d'âge pour les départs à la retraite est proche des 59 ans, les Italiens étant autorisés à la prendre dès 57 ans à condition d'avoir cotiser pendant 35 ans. 
  • Fonctionnaires. Soixante-quinze pour cent des français interrogés souhaitent pour leur progéniture de le devenir. Ils sont un million rien que dans l'Education National, plus de 6 400 000 soit 10,7 % de la population et plus significatif, ils occupent 28,1 % des emplois. On comprendra facilement pourquoi le comportement politique des fonctionnaires intéresse et qui il intéresse. Ils représentent à eux seuls entre un quart et un cinquième de la population électorale. S'il semble logique que leur sensibilité penche plutôt vers une gauche généreuse en termes de postes, une étude plus fine montre d'importantes disparités. C'est tout le sujet du livre de Luc Rouban (Cahiers Cevipof) : Les attitudes politiques des fonctionnaires.