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Le service militaire de nouveau obligatoire ?

Catégorie Les paradoxales

Certains pensent que le service militaire serait une sorte de panacée à la situation actuelle où beaucoup de jeunes ont du mal a se situer par rapport à la notion d'appartenance à une nation. Certes, ça se discute. Un des avantages pourrait être en tout cas que cette obligation faite aux hommes et pourquoi pas aux femmes, serait une condition sine qua non pour obtenir la nationalité française dès 18 ans… Le nombre de jeunes candidats à vouloir faire carrière dans l'armée suite aux éventements tragiques, est aussi le signe d'un regain d'intérêt pour la défense de son pays, de sa culture et de ses valeurs qu'il représente. Voilà qui interpelle et demande qu'on y réfléchisse.


Guillaume Bigot est essayiste et directeur général de l’IPAG Business School. Il est le co-auteur avec Stéphane Berthomet de « Le jour où la France tremblera - Terrorisme islamiste : les vrais risques pour l'Hexagone », paru en 2006 aux éditions Ramsay. Il est membre du Comité Orwell. Pour lui, le rétablissement du service militaire : «réduirait le risque djihadiste, casserait la dynamique communautariste et ressouderait la jeunesse.»

« Commençons par rappeler une vérité rassurante : 20 % des militaires et des policiers français sont de confession musulmane. Seule une infime minorité s'est tournée vers le djihad. Pourquoi? Parce que des hommes en uniforme et en armes possèdent nécessairement un esprit de corps, se considérant comme des égaux (l'égalité) et comme des frères d'arme (la fraternité). Sous les drapeaux, ils appartiennent tous à une communauté, fière et pleine de traditions.

À présent, regardons cette autre réalité en face. Et celle-ci est terrifiante : 20 % de ceux qui font le voyage pour grossir les rangs de Daech sont des convertis. Preuve irréfutable que l'aboulie post-moderne, doublée d'une fascination pour la violence, peut déboucher sur un vide que seul le fanatisme le plus pur comble pour l'instant Une dialectique mortifère entre un zombie qui doute et a peur de tout (nous, les agressés) et un fanatique qui ne doute et n'a peur de rien (eux, les agresseurs) s'est bel et bien enclenchée. Ce n'est pas un choc de civilisation, c'est un clash entre vide et trop plein, entre néantisme et totalitarisme

Une cause à servir, fondées des certitudes inébranlables, dans un cadre strict, qui transcende le matérialisme et l'individualisme, en exaltant l'héroïsme, voilà ce qui séduit dans le poison islamiste. L'antidote, si elle veut fonctionner, ne saurait l'ignorer.

Le service militaire a été suspendu en 2002. Un simple décret suffirait à le rétablir. La jeunesse se retrouverait, sans distinction de race, ni de religion, sous un même drapeau. Jeunes banlieusards et enfants des beaux quartiers porteraient le même uniforme et seraient placés dans un même cadre.

Dans identité, il y a identique. Dans notre devise, il y a aussi égalité et fraternité. Nombre d'études en attestent, là où le service militaire a été maintenu, les djihadistes sont proportionnellement moins nombreux. Ce rétablissement du service militaire peut s'opérer en un an (les sous-officiers et les officiers qui encadreront et formeront leurs collègues appelés sont à recruter). Cette décision audacieuse mais réaliste réduirait le risque djihadiste, casserait la dynamique communautariste et ressouderait la jeunesse. »


  Guillaume Bigot