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Méditerranée : des essais à risques

pour le compte du lobby pétrolier...

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Michèle Rivasi (oserai-je écrire Madame la député européenne...), s’inquiète des conséquences pour l’environnement des essais en mer profonde. Il s’agit du projet, « Abyssea », situé au centre du sanctuaire de Pelagos, une zone particulièrement sensible et dont le statut qui implique plusieurs Etats, avait mis longtemps à voir le jour.



- photo © RD - PCA -

Profitant de la tenue d’une enquête publique, Michèle Rivasi réagit par une lettre ouverte adressée au commissaire responsable Bertrand Nicolas. Extraits :
 
Ce projet comportant la création de deux plates-formes sous-marines posées à 1300 et 2400 mètres de profondeur et financé à 35% par de l’argent public via le Pôle Mer Paca et la Caisse des Dépôts et Consignations m’apparaît inopportun à la fois concernant le choix du site et la nature des projets de recherche qui vont à l’encontre de projets d’avenir en matière de transition énergétique.
 
Le projet Abyssea, servant directement l’intérêt de l’industrie pétrolière, est situé dans la zone sensible méditerranéenne que constitue l’aire Pelagos pour les mammifères marins de Méditerranée. Ce territoire est riche d’une biodiversité remarquable et fragile : cétacés, tortues, dauphins, baleine, rorqual, cachalot… Une estimation a recensé dans le sanctuaire Pelagos 8500 espèces animales macroscopiques soit environ 12% des espèces marines mondiales....

Ce projet et sa localisation est incompatible avec le Plan d’Action pour le Milieu Marin (PAMM) qui préconise le « maintien en bon état de conservation des habitats profonds des canyons sous-marins », la limitation des « risques d’étouffement des écosystèmes » et la « limitation du dérangement acoustique des mammifères marins », très sensibles à toute perturbation.
 
De même, il contrevient à la Charte du Parc national de Port-Cros qui dispose soutenir « une économie de proximité en encourageant la coopération inter-filières et les initiatives économiques porteuses d’une plus-value sociale et environnementale ». Quid de la plus-value sociale et environnementale dans ce projet ?

L’opacité est totale (sic) concernant les objectifs réels de ce projet de recherche en eaux profondes. L’enquête publique évoque seulement : « des efforts de recherche et développement dans le domaine des technologies sous-marines grand fonds ». Mais le Pôle Mer Méditerranée est plus explicite évoquant le fait que « ces dispositifs ouvriront d’importantes perspectives aux industries pétrolières minières ».
 
Outre l’aberration de continuer la recherche sur les énergies fossiles à l’heure de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique, l’exploitation pétrolière off-shore à grande profondeur est hasardeuse et extrêmement coûteuse. Même le Mexique commence à le reconnaître. Certes le projet Abyssea évoque aussi de la recherche sur les énergies renouvelables. Mais il est à craindre que ce ne soit qu’un habillage « greenwashing » pour justifier de financements publics.

Compte tenu des risques environnementaux qu’il fait peser dans une zone d’une grande richesse en terme de biodiversité et de l’absence de transparence quant à la nature même des projets de recherche dont on ne peut que supposer qu’ils serviront les seuls intérêts des compagnies pétrolières, je ne peux cautionner un tel projet en tant qu’écologiste et vous demande Monsieur le Commissaire enquêteur de donner un avis négatif à celui-ci.

Dans la foulée, Michèle Rivasi compte écrire au Préfet et aux Maires des communes limitrophes pour que soient organisés des référendums locaux pour la sauvegarde de notre bien commun, menacé par notre gestion désastreuse du milieu.

La protection de l’environnement, beaucoup d’élus s’en gargarisent. « Plus écolo que moi, tu meurs ! » affirment-ils sans pudeur mais quand il s’agit de choisir entre les intérêts des lobbies et la biodiversité, ils n’hésitent pas une seconde... (dézolé)