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Alpes-Maritimes : les règlements de comptes au sein de l’UMP

toujours pas soldés...

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« Laver en famille le linge sale des autres, vous appelez ça un métier ». Sublime réplique de Louis Jouvet dans Entrée des Artistes. Les caciques de la majorité UMP du département qui compte le plus de membres et de fans de l’ancien président de la République, se rendent-ils vraiment service en portant sur la place publique leurs différents, leurs rancunes, voire la haine qu’ils entretiennent les uns envers les autres et qui semble se développer au fil des échéances électorales ?


Pas sûr vraiment que ce soit la meilleure méthode pour redonner l’envie aux citoyens d’aller déposer leur bulletin dans l’urne... Les prochaines élections départementales l’année prochaine risquent de confirmer cette désaffection du public alors que les campagnes, devenues véritables shows à l’américaine, coûtent de plus en plus chères. Ne soyons pas étonnés si le pourcentage des abstentionnistes et des bulletins nuls, progresse dans l’hexagone...

 

La dynamique mortifère enclenchée dans les Alpes-Maritimes semble avoir atteint son paroxysme avec l’appel rendu public de plusieurs « cadres » de l’UMP qui demandent aux instances parisiennes de démettre de ses fonctions de secrétaire départementale du parti, la député-maire du Cannet, Michèle Tabarot. Parmi les signataires, on trouve les noms de neuf parlementaires dont Eric Ciotti (toujours aussi agressif), de Christian Estrosi (qui semblait jusqu’alors préférer la neutralité), de Jean Leonetti (qui en général ne participe pas aux querelles de groupe), de Lionnel Luca (l’homme d’une droite affirmée), du sénateur Louis Nègre (...redevable), ainsi que le CG et maire de Cannes, David Lisnard, aux rancœurs durables...

 

Et de lui reprocher pêle-mêle son rapprochement et son engagement auprès de Jean-François Copé, son opposition présumée avec plusieurs parlementaires et maires UMP locaux, son choix de ne pas avoir soutenu la liste officielle et d’avoir ainsi contribué à l’élection au Sénat de Jean-Pierre Leleux et par ricochet à celle du socialiste Marc Daunis, le maire de Valbonne. On en oublie bien volontiers son soutien indéfectible à Nicolas Sarkozy, ses arbitrages départementaux alors appréciés, sa relative discrétion (elle n’est pas fan des expositions médiatiques et donc ne fait pas d’ombre aux... médiaphiles), tandis, qu’avec beaucoup d’hypocrisie, on fait mine de ne pas savoir que si JP Leleux et M Daunis sont au Sénat, c’est parce que des consignes furent données par ceux-là mêmes qui critiquent l’attitude de Michèle Tabarot. Tout le monde dans les couloirs savait qu’il fallait à tout prix faire échec à l’opposant niçois issu du sérail, Olivier Bettati, et éloigner discrètement le maire de Mandelieu, Henri Leroy, dont la bouillante personnalité dérange... Et pour cela il fallait disperser les voix de façon non conventionnelle, quitte à faire élire pour quelques voix à peine, un socialiste...

 

Si on prête plus volontiers aux riches qu’aux pauvres, on ne fait pas de cadeaux non plus aux vaincus. Or, si Michèle Tabarot avait, dans le sillage de Copé le vent en poupe, Éole en a changé le sens et la député-maire vogue désormais contre vents et marées. Mais d’autres navigateurs ont réussi à effectuer leur tour du monde à contre courant et la député-maire n’est pas du genre à laisser ses émotions... gouverner.

La bergère répond d’ailleurs aux bergers par un bref communiqué de presse :

Je déplore une nouvelle fois le déballage public de tensions internes à notre famille politique qui ne sont, ni plus, ni moins, que des réminiscences de la guerre Copé-Fillon de 2012. Je regrette la rancœur tenace et l’amertume persistante de ceux qui ont pris cette initiative diffamatoire et sans fondement. Surtout que ces histoires n’intéressent pas nos concitoyens. Pire, elles donnent le sentiment d’hommes politiques qui pensent bien trop à eux et pas assez aux Français. Personnellement, je ne suis aveuglée ni par une haine obsessionnelle, ni par une ambition dévorante qui me ferait oublier l’intérêt de ma famille politique.

Comme 4 000 militants, j’ai entendu Nicolas Sarkozy le 21 octobre dernier à Nice. J’adhère à son message d’unité et de rassemblement et je ne me trompe pas d’adversaire. Nos concitoyens attendent de la droite qu’elle soit à temps plein dans son travail d’opposition à la gauche qui cause tant de mal à notre pays. Je vais continuer à m’y employer dans la fidélité à mes convictions et à mes engagements n’étant pas, pour ma part, coutumière des revirements.

La droite majoritaire qui n’a rien ou presque à craindre de la gauche départementale, continue ses guerres picrocholines à la vue de tous. Mais n’est pas Rabelais qui veut ! Elle en oublie d’où vient la menace. Arrivera-t-elle à mobiliser son électorat lors des prochaines élections « départementales » en mars prochain ? Pas si sûr que lors d'un deuxième tour et en cas d’un affrontement avec un candidat FN, elle soit capable de gagner tous ses duels, sachant que dans ce département, le Front pioche d’évidence ses sympathisants à... droite.

En attendant les instances du parti comptent les points. Il est peu probable qu’elles puissent ou veuillent prendre position.