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Alpes-Maritimes : pour échapper à la panne électrique, on rationne dans les administrations et ailleurs...

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ces mesures seront-elles suffisantes pour nous éviter le pot au noir ?

Les élus ont pris quelques initiatives bien venues pour juguler le risque de blackout dans le département. Nice a été la première à réagir, Christian Estrosi prenant rapidement un arrêté qui imposait aux entreprises de la ville disposant d'une enseigne lumineuse de limiter leurs consommations électriques et de les éteindre de 18 à 20 heures. De son côté, le Conseil général décidait de réduire l'éclairage des routes départementales. Un peu en retard à l’allumage, la SEMEC prenait des mesures de restriction en coupant l’éclairage du  Palais des festivals la nuit. Des mesures de restriction plus ou moins suivies au niveau des communes, des entreprises privées et des particuliers. Grasse s’est efforcée de faire passer le message en diffusant des conseils sur Internet sans aller jusqu’à suivre la consigne de Nora Berra qui incitait les SDF à rester chez eux... Menton aussi réduisait de deux tiers l'éclairage public de 18 à 20 heures. Pourquoi d'ailleurs ne pas aller plus loin ? A-t-on besoin d'autant de lumière dans nos campagnes et d'illuminations dans nos villes ? A-t-on besoin de laisser allumer nos lieux d'habitation et de travail comme nous le faisons ? Et pourquoi devrions-nous nous rationner alors que la Fée électricité a montré qu'elle était capable de battre ses propres records de consommation ? Qui peut le plus peut donc le moins !

Ces mesures, certains diront des mesurettes, ont porté leurs fruits. Mais la principale raison c’est sans aucun doute qu’EDF et le réseau de distribution, avaient anticipé cette hausse prévisible de la consommation et activé toutes les ressources nécessaires pour répondre à la demande. Force est de constater que cette demande ne fait et ne fera qu’augmenter. Il ne faut pas s’en étonner, la population s’accroit, la prospérité de nos sociétés est liée à la croissance... Tout cela ne peut conduire qu’à une demande toujours plus grande d’énergie... électrique. Cette bonne fée qu’on nous a vendue, à 75% d’origine nucléaire. Il fallait s’équiper, vite vite, tout éclectique, même si les appartements et les bureaux concernés étaient loin d’être thermiquement isolés. Ainsi, les habitations récentes sont essentiellement chauffées (et refroidies en été) à l’électricité. Et maintenant on nous vend des voitures, des motos, des vélos, équipés de batteries (dont bientôt on ne sera plus quoi faire), qu’il faut brancher sur le secteur. Lorsqu’il y aura des risques de blackout, donnera-t-on alors comme consignes de les laisser au garage ? Nous sommes encore une fois dans le paradoxe et l’inconséquence, la mauvaise foi et la manipulation.