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Les autobus verts de Catalogne.

Une belle surprise écologique...

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Voilà une initiative qui a le mérite d’être délicieusement originale et surprenante. Elle vient se positionner dans la droite ligne des projets de végétalisation des toits de Manhattan.

- où se trouve donc ce jardin ?

Toujours premiers pour le pire, les Américains le sont aussi pour le meilleur. Ainsi cette action de récupérer les toits plats des buildings pour en faire des jardins d’agrément et même des potagers au cœur des grandes villes (lire ici notre article). Plusieurs bénéfices peuvent résulter de ce type d’installation. Isolation de la toiture (plus de confort, moins de dépenses en énergies fossiles pour chauffer ou rafraîchir), fixation du gaz carbonique et production d’oxygène, fixation de polluants selon le choix des variétés qui pourront aussi avoir un rôle décoratif, espaces à vivre... Pourquoi ne pas envisager de cultiver des espèces susceptibles d’être consommés et commercialisés localement, lorsque la qualité de l’air le permet bien sûr ?

Plus modestement mais, il fallait y penser, un jeune catalan architecte paysager a eu l’idée de végétaliser le toit des autobus, en attendant qui sait, de faire la même chose sur les véhicules automobiles ne serait-ce ceux des collectivités locales... L’entreprise de Marc Grañén, Phyto Kinetic... pousse à la création de jardins en mouvement. Elle illustre de cette façon un modèle de développement durable urbain tout en ayant un impact pédagogique et incitatif sur le public, y compris les visiteurs qui pourront à leur retour suggérer à leurs élus de s’engager dans cette voie.

Techniquement, il s’agit d’imperméabiliser le toit des autobus, d’y placer une sorte de mousse spécialement conçue pour justement les jardins en terrasse ou toiture, de créer une bordure métallique légère et aérodynamique avant d’y ajouter le substrat nécessaire et de choisi les plantes les mieux adaptées au climat. Le projet est très sophistiqué et tout semble avoir été prévu, en cas de choc par exemple, de pluie diluvienne ou de période de sécheresse, le tout de façon à nécessiter le moins d’intervention humaine possible. Des tests de stabilité ont été passés pour vérifier que l’installation de ces jardins en mouvement ne présente aucun danger pour les passagers et répondent aux normes strictes et précises édictées par l’Union européenne.

- jardin en mouvement -

À quand les potagers en mouvement ? On peut envisager en effet un parterre de fraisiers, pourquoi pas des plants de courgettes, des radis, des herbes aromatiques... Bien sûr sous réserve que l’air ne soit pas chargé de polluants (en zone périurbaine par exemple).

Dans cette même optique de récupérer des espaces propres à l’agriculture de proximité, on pourrait aussi utiliser bien mieux les jardins publics ou ceux des copropriétés, y planter des arbustes et arbres fruitiers dont la plupart ont aussi des vertus décoratives. La diminution des terrains agricoles dans et autour des agglomérations s’avérera un jour ou l’autre catastrophique pour notre approvisionnement en produits frais qui ne viennent pas de l’autre bout du pays, de l’Europe ou de monde. Les toitures aussi, on l’a vu plus haut, sont à récupérer. Les Alpes-Maritimes sont un exemple de ce qui nous pend au nez : une pénurie alimentaire. Le département ne dispose en effet que de quelques jours de réserves qui seront vite et inégalement partagées en cas de catastrophes naturelles, type tremblement de terre, tsunami ou de celles provoquées par les hommes, attentats, guerres, grèves...

PHYTOKINETIC - province de Catalogne - Espagne – Marc Grañén - tél. 650 907 935