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Alpes-Maritimes : la violence fait sa rentrée des classes...

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Catégorie Pieds dans le plat

Même si la signature de la convention de coopération pour la prévention de la violence en milieu scolaire, prévue pour lundi, a été déplacée, la problématique reste d’actualité.

Sans doute parce que « Mieux vaut prévenir que guérir ! », les autorités départementales ont décidé, à la veille de la rentrée des classes, de faire le point sur la question. Que ce soit, le préfet du département Jean-Michel Drevet, ou le président du Conseil général Éric Ciotti, les procureurs Éric de Mongolfier et Jean-Michel Caillaut, ou l’inspecteur d’Académie Philippe Jourdan, ils ont tous à cœur d’harmoniser leurs discours et leurs actions et surtout de désamorcer ce qui est devenu un phénomène de société. Si, il y a cinquante ans et plus, on se « cassait la gueule à la récré » (il y avait bien des nez qui saignaient, des bleus et quelques dents branlantes), il semble bien que nous avons dépassé ce stade. La violence des mots et surtout celles des gestes ont pris une autre dimension. Ce n’est pas simplement un face à face à la loyale mais le plus souvent un groupe qui passe à tabac un individu isolé, à proximité ou même dans l’établissement scolaire. Des jeunes filles s’y mettent elles aussi et il n’est plus rare de voir des armes circuler. D’où l’idée de mettre en place des portails électroniques chargés dans certaines écoles publiques américaines de… prévenir le pire. On ne peut que constater que ce phénomène va de pair avec la perte du respect envers les autorités, que ce soit l’autorité du père et de la mère, du professeur, de la police. Ces derniers, qui ne disposent plus de moyens de pression, se sentent de plus en plus démunis, souvent désavoués par les médias, leur hiérarchie et même par le système judiciaire.

L'école, lieu de transmission des savoirs est aussi celui de l'apprentissage des valeurs de la République et, ne serait-ce que pour cela, devrait être préservée de toute violence. La convention qui sera bientôt signée s’engage à donner à la communauté éducative des moyens pour prévenir cette violence, signaler toutes les infractions et les poursuivre le cas échéant, secondée en cela par l’ensemble des services de l’État et des collectivités territoriales.

C'est en tous les cas la déclaration d'intention. Plus précisément, la convention s’est donnée pour objectifs « de favoriser la réactivité et la coordination des institutions partenaires face aux phénomènes de violences touchant les mineurs et les jeunes majeurs scolarisés ; d’assurer un suivi immédiat des élèves, auteurs ou victimes de comportements violents qu’ils constituent ou non des infractions pénales ; le cas échéant, de mettre en place les procédures judiciaires et/ou de prendre les mesures éducatives adaptées. »

Parallèlement, nous apprenons que plusieurs restaurants scolaires ont choisi d’en gérer l’accès en s’équipant d’appareils exploitant la biométrie. Chaque enfant inscrit aura ainsi sa main numérisée (photo en 3D). Il n’aura ensuite « qu’à montrer patte blanche » pour pénétrer dans le restaurant scolaire. Nous sommes là bien loin de la cantine du siècle dernier et de celui d’avant… On peut imaginer que ce même procédé puisse être adapté et utilisé à l’entrée des établissements. Il ne résout pas le problème des armes mais rend quasiment impossible les absences non répertoriées. Plus question de faire l’école buissonnière. Ce monde-là est-il un monde idéal ou n’est-il pas « Le meilleur des mondes » anticipé par Aldous Huxley ?

La société Alise nous en apprend un peu plus sur l’entrée de cette technologie dans le monde scolaire, la RMC, reconnaissance du contour de la main. En cette rentrée 2011, 341 collèges et lycées français en seront équipés (plus un établissement en Russie…), soit une augmentation de plus de 20% par rapport à la même période l’année dernière ! En tête des régions les mieux équipées, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec 93 établissements installés soit près d’un tiers du nombre total… Cette entreprise vante aussi les avantages de ce procédé. « Une main ne s’oublie pas, ne s’échange pas, ne se perd pas ! », alors qu’une carte magnétique oui. Des économies pourront de ce fait être réalisées. Du temps gagné pour une organisation devenue plus efficace lors du passage des élèves à la cantine,des parents sûrs que c’est bien leur enfant qui s’est présenté au self, une facturation au plus juste…

À ceux qui s’inquièteraient de l’utilisation abusive de l’empreinte de la main (par analogie avec les empreintes digitales), la société se défend de constituer des fichiers qui ne répondraient pas aux exigences légales. Techniquement en effet ce système ne laisse pas de trace. Par ailleurs, toute nouvelle installation fait l’objet d’un courrier d’information adressé par le gestionnaire de l’établissement aux parents d’élèves. De plus, chaque lecteur biométrique est systématiquement associé à un lecteur de cartes magnétiques, une alternative qui permet de gérer le passage des convives exceptionnels ou ne souhaitant pas utiliser la borne biométrique. CQFD !