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Innsbruck : randonnée au cœur de la montagne autrichienne...

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Veit-Mueller - le tremplin, à ski de Bergisel dessiné par l'architecte Zaha Hadid Pour la majorité du public, ce nom est attaché aux Jeux Olympiques d’hiver de 1964 et de 1976. Ces manifestations permirent à de nombreux amateurs de sports de découvrir cette ville où tous les sports qui déclinent l’hiver sont à portée du centre ville et quelques kilomètres seulement de l’aéroport international.

Le long de la rivière de l'Inn.

Une situation rare qui rend la cité et ses villages voisins, facilement accessibles à une clientèle venue de toute l’Europe et de plus loin. Les Jeux Olympiques ont aussi permis de mieux situer sur la carte ce lieu de villégiature privilégié, capitale du Tyrol autrichien. Le Tyrol… plein de cartes postales évocatrices défilent immédiatement sous nos yeux. Elles ne sont pas toujours de simples images d’Épinal. De nombreux habitants restent fidèles à leurs traditions, leurs coutumes et leurs costumes. Il est courant, surtout le dimanche, de porter la veste en laine feutrée et la Lederhose (culotte de peau), le Dirnd corseté pour les femmes, lorsqu’on se rend à l’église ou au restaurant.

Si, répétons-le, Innsbruck - pont sur la rivière de l’Inn - est associée aux activités de loisir hivernal, les amateurs de randonnées estivales, les varappeurs, les vététistes, les golfeurs même, connaissent bien les immenses possibilités qu’offre la ville qui les met à hauteur de leurs espérances. Les autorités locales ont d’ailleurs constaté une tendance qui ne fait que s’accentuer. L’été gagne des parts de marché, pour le plus grand plaisir des hôteliers, des restaurateurs et des commerçants. Dans un pays qui n’a pas de grosses industries et exporte peu, le Tourisme est un élément clef de sa prospérité.

Le Petit Toit d'or (le Goldenes Dach) sans doute la façade la plus photographiée d'Autriche.
Construite en 1494 par Maximilien Ier, elle est parée d'une loge d'honneur surmontée d'une deuxième loggia recouverte d'un toit fait de 2 657 plaques de cuivre… doré.

Encore faut-il-il que l’offre corresponde à la demande, qu’elle soit complète, séduisante, de qualité… à commencer par le transport aérien. À ce sujet, il est à noter que la compagnie Welcome air dessert la petite ville d’Olbia en Sardaigne, avec un arrêt à Nice, ce qui met la Côte d’Azur, l’été, à une heure vingt à peine des alpages et des greens tyroliens.

La Maison Helbling.
De style gothique, elle fut transformée en style rococo en 1732.

Comprenant l’intérêt de pouvoir offrir à ses visiteurs une variété de loisirs autres que sportifs, la municipalité n’a pas lésiné sur le programme culturel dans une ville qui s’est modernisée tout en mettant en valeur son patrimoine architectural. Il est même impressionnant pour une ville de 130 000 habitants. Citons, sans prétendre être exhaustif, « L’été de la danse », du 14 juin au 15 juillet qui en est à sa 17ème édition. « Les Concerts promenades d’Innsbruck », du 7 au 31 juillet, enchantent… gratuitement, le public au rythme de la musique traditionnelle tandis que « Musiques de noces et Lombards » en juillet et août, mettent le baroque et l’opéra en exergue. « Le Festival des rêves », du 10 au 28 août, préfère, lui, jouer sur l’ambigüité, l’inattendu et le comique…

Bien sûr, les activités de loisir restent avant tout liées à la Montagne. En attendant de gravir les sommets voisins ou de se promener dans les sentiers de randonnées pédestres ou ceux réservés aux VTT, on pourra visiter l’exposition « La montagne, cette mystérieuse passion ». Elle se tient dans le Palais impérial, autre occasion de parfaire sa culture locale et européenne.

Descente vers la ville, de la Nordkette-Seegrube.

La marche d’approche démarre le plus souvent à la porte de son hôtel, même si l’on a choisi l’un des 40 établissements quatre étoiles situés en ville. On peut en effet emprunter le tout récent funiculaire qui nous mène en 20 minutes jusqu’à la Hunderburg où nous attend la surprenante architecture de Zaha Hadid auteur aussi du fantastique tremplin de saut à ski situé juste de l’autre côté de la vallée. De là, une télécabine panoramique conduit ses passagers jusqu’à une première station, la Nordkette-Seegrube où l’on peut se restaurer face à un décor à couper le souffle et profiter de sa terrasse plein sud. Plus haut, la télécabine les emmène vers les sommets de l’Hafelekar, les faisant passer des 576 mètres urbains aux 2 256 mètres alpins… le tout en moins d’une demi-heure.

Si l’on préfère séjourner dans l’un des 25 « Villages de charme », autour de la cité historique, l’opération randonnée est encore plus facile et facilitée par des navettes. Ces dernières permettent d’être à pied d’œuvre pour explorer un vaste territoire, territoire qui bénéficie d’une bonne signalisation, ponctué par de nombreux refuges confortables et de gîtes accueillants. Les randonneurs désireux de partir en petits groupes choisiront par exemple une formule à partir de 189 €. Elle comprend 3 nuits avec petit-déjeuner dans un hôtel★★★★, le prêt de chaussures de marche et d’un sac à dos, les remontées en télécabine, sous la responsabilité d’un guide diplômé.
Les athlètes à la recherche d’une performance, d’un défi à relever, vététistes ambitieux, y trouveront leur compte. Les paysages sont là, grandioses, inoubliables, inspirants…
Le parc alpin de Karwendel paraît inépuisable avec ses 920 000 hectares de pure nature dont la biodiversité remarquable est d’autant plus précieuse. Et puis, il ne faut pas oublier les amoureux de la Petite Reine. Ils sont nombreux, nous l’avons constaté, à sillonner les pistes cyclables bien sécurisées de la vallée de l’Inn comme les montées de cols. Itou des golfeurs qui pratiquent leur sport dans des conditions exceptionnelles devant un panorama de rêve.

Les prix pratiqués, hôtellerie, restauration, formules tout compris, transport aérien, sont des facteurs déterminants au moment de la prise de décision. L’Autriche est une destination traditionnellement très concurrentielle sur les prix. Quant à la qualité, elle est toujours au rendez-vous, sans parler de sa gastronomie. Un temps décriée, elle a gagné ses lettres de noblesse. Ses auberges et ses tavernes sont à la fois typiques et de plus en plus capables de réjouir gourmands et gourmets si l’on en croit les guides Michelin et Gault & Millau et notre propre expérience. On y privilégie les produits locaux, les fromages comme l’Almkäse, les charcuteries comme le Speck ou le Bergwurzen, le gibier, les truites sauvages et les spécialités comme les knödels, le Wiener schnitzel, et en dessert, la gamme des strudels aux pommes, aux poires et aux… scoubidous.

Côté écologie et développement durable, les habitants d’Innsbruck ont toujours protégé leur environnement et leur nature. Ils en sont fiers comme de cette eau minérale naturelle, véritable trésor qui met 10 à 20 ans pour descendre de leurs montagnes avant d’être distribuée à tous les habitants. Non traitée et exempte de tout germe, elle contribue à la bonne santé de ses usagers.

Difficile de faire l’impasse sur l’achat de la « Innsbruck card », passeport qui ouvre les portes à de nombreux musées, navettes comprise pour s’y rendre ; le zoo alpin ; le tremplin de saut à ski et son restaurant panoramique (lieu idéal pour un goûter gourmand) ; le bus touristique ; une promenade à travers la ville avec un guide. La carte permet d’utiliser ad libitum les transports en commun. Elle autorise aussi une montée et une descente des six remontées mécaniques d’Innsbruck et de ses villages de charme. Tarif : 29 € pour 24 h ; 48 € pour 48 h et 39 € pour 72 heures.

En attendant que la compagnie aérienne s’engage dans une politique de vols en hiver, son offre estivale met Nice à une heure vingt d’Innsbruck, tous les samedis et dimanches, de mai à fin septembre. C’est une opportunité à saisir, surtout lorsque les plages du littoral méditerranéen sont en surchauffe… d’autant mieux que les tarifs sont doux : à partir de 79 € taxes incluse, pour chaque trajet.

Alain Dartigues

  • Le Tyrol Panorama. Récemment relocalisée, cette fresque panoramique gigantesque de 1000 m2 de toile, vaut une visite. Elle représente des scènes de la Bataille de Bergisel contre Napoléon, en 1809, dans une muséographie audacieuse et originale, en 360°
  • Le Sporthotel. À quelques kilomètres du centre ville, situé dans le charmant petit village d’Igls, c’est une adresse à recommander. Cet hôtel familial est remarquablement dirigé par Georg Stradner. Outre qu’on y parle le français, son restaurant est d’un bon niveau et le service avenant. On appréciera, après une promenade sportive, sa piscine chauffée (une vraie piscine de 20 mètres), son sauna, son jacuzzi, son hammam… ses soins personnalisés.
  • Le Isserwirt. Toujours à quelques arpents de la ville, à Lans, cet hôtel restaurant s’est fait une excellente réputation. On y vient pour sa cuisine bavaroise et son décor typique et soigné.
  • Welcome air, compagnie aérienne régionale autrichienne et opérateur d’avions turbopropulseurs et jets de type Dornier 328 à 31 places, est présente sur l’Aéroport de Nice Côte d’Azur depuis 2005 et partenaire de vols charters pour des équipes de sport comme l’OGC Nice.