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Grasse : la simplicité d'un regard éveillé...

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Jocelyne Mas nous livre ici ses notes poétiques récoltées lors d’un séjour à « Lo Pèbre d’Aï », nom provençal donné à la sariette. Giono, Mistral et Pagnol ne sont pas loin !

Une allée de palmiers (dont la vision me transporte dans mon pays, là-bas de l’autre côté de la Méditerranée) mène à un mas provençal, murs de pierres, grosses poutres patinées par le temps, volets verts.

Des restanques plantées d’oliviers et d’orangers, des murets de pierres chaudes où s’entremêlent jasmin et chèvrefeuille. Dans l’air, flotte cette senteur divine des citronniers en fleurs. De vieux chênes centenaires, au triple tronc, étalent leur ombre bienfaisante. Dans les oliviers, pépient des myriades d’oiseaux, se gavant d’olives. Des escaliers dont les marches sont garnies de pots de fleurs multicolores conduisent à une verte pelouse, dense et drue, où s’enfoncent avec volupté nos pieds nus. Des petites terrasses bordées de buis nous font penser à un jardin médiéval. Le moindre petit recoin est planté de romarin, de thym, de verveine et de lavande.

Les baies s’ouvrent sur une grande terrasse couverte de tuiles romanes, soutenue par des piliers de grosses pierres taillées du pays. Le vent joue dans les feuillages et le soleil jette des tâches claires sur le vert du gazon. Des bougainvilliers partent à l’assaut des grands murs : plus bas, les feuilles vertes et brillantes d’un plaqueminier tranchent avec le jaune doré des troènes.

Au loin, la méditerranée scintille, brille sous le soleil et se perd dans le bleu du ciel. Les collines vertes se découpent sur le ciel flamboyant irisé par le soleil couchant. Le regard vagabonde sur les massifs de l’Estérel, le Mont Vinaigre, la Vallée du Tanneron. Au large de Cannes, on distingue les Iles de Lérins : Sainte Marguerite et Saint Honorat. La première est célèbre pour son château fort où fut emprisonné l’homme au masque de fer qui était dit-on le frère de Louis XIV. Sur la seconde, est construite l’Abbaye des Moines Cisterciens. Ils cultivent la vigne ; et leur liqueur - la Lérinade - est réputée. Par temps clair, on distingue également les reliefs de la Corse.

Nos chiens, Tessa et Jimmy, gambadent, montent et descendent cent fois par jour, les escaliers. Enfin fatigués, ils s’étalent sur le frais carrelage, somnolent, ouvrant de temps en temps un œil pour vérifier si nous sommes là.

Assise à l’ombre des chênes sur la terrasse, au moment où je vous écris, le vend chaud caresse ma peau et joue dans mes cheveux. J’entends le doux clapotis de l’eau à la surface de la piscine. Des nuages d’un blanc pur glissent et s’effilochent sur le bleu du ciel.

Le soir, quand le ciel se fait velours sombre, piqueté d’étoiles, on apprécie le silence et on l’écoute religieusement. Le feuillage gris argent des oliviers, éclairés par des spots lumineux, danse dans le vent. La flèche scintillante d’une étoile filante strie le ciel et nous faisons un vœu.

Ainsi va la vie. Remercions le ciel de ces instants de bonheur !