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Alpes-Maritimes : le président de l’UPE 06 réagit à propos de la « Prime de 1000 € »...

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promise par l’État, elle sera payée par les entreprises de plus de 50 salariés. Pour Yvon Grosso, « C’est une ingérence de l’État dans la gestion de l’Entreprise. Ingérence inacceptable et contre-productive ! »

Yvon Grosso, président de l’UPE 06, (MEDEF 06 et CGPME 06) considère que la décision prise par le Gouvernement d’imposer de verser une prime de 1000 € aux entreprises de plus de 50 salariés distribuant des dividendes, constitue une ingérence de l’État dans la conduite de l’entreprise, ainsi que dans le paritarisme et le dialogue social.

- Yvon Grosso -

« Comment peut-on – se demande-t-il - se réclamer de la libre entreprise et, dans le même temps, appeler de ses vœux le vote d’une loi totalement contraire à ce principe ? Nous sommes en droit de nous demander si une telle proposition, qui entrave la liberté contractuelle et la liberté d’entreprendre, est véritablement compatible avec la constitution française ! »

Yvon Grosso rappelle qu’un tel dispositif laisse entendre que les dirigeants et les DRH des entreprises ne se comportent pas de manière responsable et équitable, et ne mènent pas de véritables politiques de l’emploi et des salaires. De plus, cette décision néglige les deux grands mécanismes d’association à la performance des entreprises, l’intéressement et la participation, et modifie les règles du jeu pour l’année 2011 alors que les NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) viennent de s’achever et que les budgets ont été arrêtés. Il complète :

« Cette décision rajoute une contrainte administrative et financière de plus à l’effet de seuil des 50 salariés, alors qu’au contraire devraient être promues l’attractivité et la compétitivité via le dialogue entre partenaires sociaux. C’est encore une mesure médiatique non demandée par les salariés (comme le furent les 35 heures !) qui, à chaque fois, fait peser sur les entreprises une éternelle instabilité juridique et fiscale. À très court terme, sans distribution de dividendes, il n’y aura plus d’investissement. Or, l’investissement est le moteur principal de la croissance de notre pays et de nos entreprises. Si demain il n’y a plus d’investisseurs, c’est l’emploi et donc les salariés qui vont en pâtir en premier lieu. »

Le représentant des chefs d’entreprise du département des Alpes-Maritimes rappelle que plus de 80 % des entreprises françaises emploient moins de 50 salariés et que pour bon nombre de dirigeants des PME, les dividendes sont la seule source de revenus. En période de crise, comme c’est le cas depuis trois ans, personne ne s’inquiète pour eux, lorsque ces mêmes dirigeants ne se versent pas le moindre euro. De ce fait, les besoins en capitaux des PME et des ETI et le capitalisme familial et patrimonial, pourtant gage de stabilité économique, pourrait se fragiliser.

Pour l’État, c’est une bonne affaire. En effet, cette mesure permettra de combler une partie de ses déficits. Ainsi, pour une prime de 1000 € brut payée, il en coûtera avec les charges 1600 € pour l’entreprise. Le salarié, lui, ne percevra que 780 € net + l’impôt sur le revenu à payer. L’État prendra donc au passage pour chaque prime 850 €…

Yvon Grosso de conclure, désabusé : « Malheureusement, la France semble soumise aux mêmes erreurs qui se répètent depuis des décennies et qui produisent les mêmes lourdeurs et inerties sur nos entreprises. Un état omniprésent est contre productif. Au lieu d’imposer aux entreprises de nouvelles contraintes, l’Etat devrait penser à réduire les dépenses inutiles et investir sur la recherche, l’innovation et le développement des entreprises. Pour faire face aux difficultés d’une conjoncture mondiale difficile, la France a besoin d’être unie, diviser la sphère publique et la sphère privée, c’est l’affaiblir. » CQDED, ce qui devait être dit !