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Femmes musulmanes, femmes du Sud...

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Catégorie Les Arts au soleil

celles évoquées par la chanson de Michel Sardou, éveillent des souvenirs.

 

Les « Musulmanes » qui seront chantées par Michel Sardou à la fin des années 80, éveillent des souvenirs jamais complètement enfouis pour les Français d’Algérie et plus généralement du Maghreb. Pour eux, le refrain est toujours aussi poignant :

C'est un cri c'est un chant
C'est aussi la douleur et le sang
Toutes les fureurs qu'elles portent en elles
La peur des hommes la peur du ciel
Et toutes les forêts du Liban

Pour Monique Beguin-Giugliaris aussi les paroles de Michel Sardou ravivent la nostalgie d'un bonheur passé, d'une certaine douceur de vivre. Lors des évènements brutaux de Tunisie, elle avait couché sur le papier ces quelques lignes :

Les affrontements de Tunisie en janvier, m’ont fait penser à toutes ces femmes voilées qui crient leur douleur et pleurent leurs fils innocents et diplômés, morts sous le feu des balles de la police gouvernementale, alors qu’ils réclamaient seulement le droit de vivre dignement et revendiquaient le droit au travail. Elles se dressent, tels des cèdres de la forêt du Liban, ces colosses classés au Patrimoine de l’humanité qui ont servi à construire les flottes guerrières des Phéniciens puis des Grecs et des Romains et que l’on a bien trop peu replanté. Cèdres que le Coran vénère : « Cet arbre géant s’élève jusqu’au septième ciel sous le trône d’Allah ; quand une feuille tombe, une personne meurt ».

Comme un incendie sous la terre
Les aurores ont brûlé les pierres
Blanchi les toits de Ghardaïa

Cette cité située à 630 km d’Alger, chère à mon cœur, puisque j’ai passé mes jeunes années en Algérie, a largement inspiré Le Corbusier par son architecture. C’est ici encore l’évocation du patrimoine mondial de l’humanité, puisque la vallée du M’Zab a été classée par l’Unesco en 1982.

Elles sont debout sur champs de ruine
Sous le vent glacé des collines…
Pour elles le temps s'est arrêté
C'est à jamais l'éternité
Le crépuscule de Sanaa

Troisième évocation du patrimoine de l’humanité. La ville de Sanaa, est située à 2300 mètres d’altitude dans une cuvette fertile du Yémen, au cœur de la patrie ancestrale des Arabes.

Voilées pour ne pas être vues…
Hurlant dans le silence énorme…
Le long sanglot des musulmanes

Elles ne font pas partie du patrimoine mondial, ces Musulmanes, mais dans leurs pays respectifs, comme l’Algérie, le Maroc, l'Égypte ou la Libye, elles vivent un présent incertain pour leurs enfants et craignent pour demain.

Tous ces pays aux pouvoirs monarchiques ou totalitaires peuvent vivre très vite les mêmes soulèvements meurtriers qu’en Tunisie. Quand entendrons-nous à nouveau, résonner dans nos têtes et dans nos cœurs leurs interminables youyous qui sont leurs cris de ralliement et de joie ? Pleurent les violons…

Monique Beguin-Giuglaris – écrit le 18 janvier 2011