Paris Côte d'Azur

Magazine d'informations et de commentaires

Présidentielles : Nicolas n’y va pas ! Tu as tout à y perdre, l’écologie aussi.

Crédits:
textes par
Catégorie Pieds dans le plat

Plaidoyer pour la non candidature de Nicolas Hulot.

Cher Nicolas, les sondages te laissent croire que tu es le meilleur candidat pour représenter les écologistes politiques dans le débat des présidentielles. Ceux qui le disent aujourd’hui, ne voteront pas demain pour un idéaliste mais pour un pragmatique, pas pour toi, c’est notre conviction.

Si tu te décides à participer aux primaires d'Europe-Écologie-les-Verts, tu prends le risque de voir les caciques de ce parti se déchirer autour de ta candidature. Les petites phrases assassines ne manqueront pas de voler dans toutes les directions, vers la tienne en particulier, et ce, tout au long de la campagne. Te connaissant comme un grand sensible, tu vas souffrir plus qu’il ne faut de ce combat auquel tu n’es pas habitué. On ne manquera pas de te reprocher par exemple tes rapprochements successifs avec Chirac puis Sarkozy même si tu as ensuite dénoncé leur reniement et leur pusillanimité en matière de protection de l’environnement et de politique énergétique. On te reprochera une nouvelle fois tes émissions à la télévision, financées par des entreprises considérées par les écolos comme des suppôts de Satan… On mettra aussi en avant le flop de ton long métrage, le Syndrome du Titanic.

Ta présumée candidature servirait-t-elle pour autant la noble cause que tu défends ? C’est peu probable car on va te voir inquiet, déchiré, énervé et donc énervant, trop émotif en somme, prisonnier aussi de quelques paradoxes qui pèseraient comme un boulet. Tu ne ferais pas le poids face à des routards de la politique. Sans vouloir te manquer de respect ou sous-estimer ta résistance et ta force mentale, tiendrais-tu le choc ? Dans le pire scénario, nous imaginons même que tu abandonnes en cours de route, dégoûté par les coups bas et le peu d’intérêt au fond de tes concitoyens pour le débat écologique, et surtout incapables d’envisager toutes les remises en question qu’il impose et nécessite et que tu leur proposeras. Plus grave, en choisissant de te faire adouber par les écolos d'Europe-Écologie-les-Verts, tu vas renforcer l’idée dans le public que l’écologie est à Gauche. L’est-elle ? Bien sûr que non, pas plus qu’elle n’est à droite. Ni les communistes, ni les gauchistes de tout poils, ni la Droite ou le Centre, n’ont compris les tenants et les aboutissants de cette réalité. Ni les uns et les autres ne sont prêts à mettre le dossier à plat et à discuter de croissance zéro ou mieux de décroissance. Pas question pour eux de remettre en cause nos modèles de société, de consommer moins pour vivre différemment et sans doute mieux. Quant aux dirigeants d'Europe-Écologie-les-Verts, il sont majoritairement aux mains de gauchistes invétérés, avec leurs vieux réflexes et leurs stratégies héritées de l’extrême gauche, prêts à tout pour au final, garder le pouvoir et tirer les ficelles. Que vas-tu faire Nicolas, dans cette galère ? Tu vas te faire manger tout cru !

Tu as déjà fait beaucoup, tu fais encore beaucoup pour que « la suite du monde » ne se fasse pas sans nous, pour nous faire prendre conscience de l’absolu besoin de mettre nos pendules à l’heure, de prendre les bonnes mesures pour organiser notre survie sur une planète, notre maison, de plus en plus petite à contenir la volonté expansionniste et consumériste de six milliards d’êtres humains. Continue tes émissions à la télé, concentre-toi sur ta Fondation, utile malgré tout. Recadre tous ces professionnels de la politique qui n’ont en tête que le Pouvoir et tous les privilèges qui vont avec. Si tu te présentes, tu seras comme eux, ne serait ce que dans l’esprit des gens. Place-toi au dessus de la mêlée, soit l’arbitre, soit le sage qui voit les choses de haut. Avant tout, sois-toi, c’est déjà beaucoup mais surtout, par pitié, ne te présente pas.

  • prochain article… improbable : Présidentielles : Nicolas (Sarkozy), n'y va pas. Comme pour Ben Ali, tu as tout à y perdre, la France aussi.