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Côte d’Azur : Romain Thomas donne un nouvel élan au « Petit Niçois » et au « Cannois ».

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L’offre journalistique départementale s’en trouve enrichie.

Le Petit Niçois a sorti son premier numéro en 1879. Mis en veilleuse pendant des décennies, le journal fut sorti des limbes en 1994 par Robert Verdoia. Avec le concours de professionnels connaissants parfaitement le tissu local, comme les journalistes Thierry Arzens et Pascal Gaymard, il réussit le pari de redonner des couleurs à l’hebdomadaire. La conjoncture, on le sait, toucha de plein fouet la presse généraliste papier, et comme pour beaucoup de titres, ces dernières années furent difficiles. La proposition de reprise venue de Stéphane Cherki, tomba donc à point. Cet homme d’affaires au passé tumultueux, devenu maire de la petite commune d’Eze, environ 3 000 habitants, mais dont l’appétit politique va bien au-delà, n’a pas craint d’investir et d’étoffer l’équipe rédactionnelle. Au hasard des rencontres, il trouva sur sa route Romain Thomas. Séduit par sa personnalité chaleureuse et son expérience en politique, il lui proposa de prendre la direction de la publication.

 

Après un an au poste de rédacteur en chef, Romain a marqué son territoire. Quelques remaniements, quelques nouveaux collaborateurs comme le devenu très cannois Frédéric Jaubert (ex-Var et Nice-Matin) ou la très niçoise Faustine Sappa et une ligne éditoriale remaniée, ont donné une lisibilité et une crédibilité accrues au « Petit Niçois » et à son autre édition, « Le Cannois ». La mise en page aussi a évolué. Plus aérée, plus moderne. On notera dans le titre, la diminution de l’importance du « Petit » au profit du « Niçois », ambition oblige !

Les esprits curieux s’interrogent. Mais d’où vient donc ce nouveau venu qui s’est fait si vite une place au soleil de la Côte d’Azur dans le domaine du journalisme ?

À 31 ans, Romain Thomas a déjà un curriculum bien chargé. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Toulouse, il sera conseiller politique du président du Conseil général de Maine et Loire, Christophe Béchu, du député René Bouin avant de travailler pour Roseline Bachelot. Attaché parlementaire de la député européenne puis conseiller technique pour les affaires réservées lorsqu’elle est Ministre de la Santé de la Jeunesse et des Sports, il en a apprécié les qualités et la défend bec et ongles. Roseline Bachelot est, dit-il, une femme de conviction, qui travaille beaucoup et qui a eu le mérite d’imposer « le principe de précaution » dont bien peu voulait au gouvernement.

Romain Thomas fera aussi l’expérience directe du suffrage universel, comme directeur de campagne de Christophe Béchu et comme candidat sur sa liste aux élections municipales, dans la ville d’Angers. Élu, il découvrira les limites de notre démocratie locale et les difficultés de l’exercer, surtout lorsqu’on est dans… l’opposition. Un moment cadre à l’UMP, il ne renouvellera pas son adhésion, retrouvant « sa liberté de penser ». Riche de toutes ses expériences et muni d’un carnet d’adresses bien garni qui lui permet d’aller à la pêche aux infos, il n’a pas longtemps hésité à passer de l’autre côté de la barrière et à rejoindre ceux qui diffusent l’information et la commentent. Un virage cohérent dans un parcours qui l’est tout autant. Sa passion pour la presse écrite date des années 90. C’est à l’occasion de la Guerre du Golfe qu’il prend conscience de l’influence des médias dans l’enchaînement des événements. Il rejoint de fait les pragmatiques qui pensent que pour changer le monde (ou du moins participer activement à son changement), il faut soit faire de la politique, soit écrire.

Pris au piège de l’interview, Romain définit ainsi la ligne éditoriale de l’hebdomadaire : une autre information, un regard différent sur la politique et l’actualité, essentiellement départementale. La série de reportages sur les communes du département ainsi que l’analyse des enjeux et des candidats des principaux cantons renouvelables dans les Alpes-Maritimes, viennent illustrer la direction prise.

Grâce aux choix avisés et courageux qui ont été faits, aux investissements réalisés, au travail de l’équipe mise en place par le rédacteur en chef, « le Petit Niçois » conforte ostensiblement sa place dans le petit carré des publications papier qui font du journalisme et qui couvrent l’actualité, y compris politique, de la Côte d’Azur. Citons pour mémoire : « La Tribune », « L’Avenir », « Le Patriote » ; Nice-Matin, quotidien en situation de monopole étant, on l’aura compris, hors concours… Quant aux médias Internet comme Paris Côte d’Azur ou Nice Rendez-vous, ils ne boxent pas dans la même catégorie.

Le Petit Niçois a de plus en plus l’air d’un grand !

  • Romain Thomas prend aussi le temps de faire vivre son bloc-notes sur la toile.