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Alpes-Maritimes : René Vestri indigné...

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Catégorie Pieds dans le plat

Le sénateur-maire s’en prend aux responsables de la rédaction de Nice-Matin : « Messieurs, vous avez le monopole de la Presse, vous n’avez pas le monopole de la vérité ! »

- René Vestri -

Dans une longue lettre ouverte adressée aux responsables de la rédaction du seul quotidien régional, et alors que la presse y compris nationale (le Figaro, le Nouvel Obs, Le Parisien, la Gazette des Communes) relatait la condamnation en appel du sénateur-maire de Saint-Jean Cap Ferrat à propos d’un dossier de détournement de subventions européennes et de travail dissimulé, celui-ci dresse un réquisitoire cinglant sur ce qu’il considère comme une cabale menée contre lui. Morceaux choisis :

« Une fois de plus, les lecteurs de Nice-Matin, journal fondé en septembre 1945, après une période de drames, la seconde guerre mondiale, de laquelle est sorti le paysage de la presse avec ses monopoles régionaux, tel que nous le connaissons depuis, se voient infliger une version tronquée de la vérité. Une fois de plus, la volonté de nuire à un élu se travestit sous les apparences de la liberté d’informer…. Aujourd’hui, vous avez devant vous un élu indigné devant votre attitude… » Une attitude que René Vestri considère comme partisane et peu conforme à une déontologie journalistique. Il donne ainsi plusieurs exemples concrets où le traitement des informations concernant sa commune et ses actions, serait à « géométrie variable ». L’éclairage que donne Nice-Matin des diverses affaires judiciaires qui le concerne lui apparaît comme étant systématiquement présentées de façon de nuire à son image et à son honneur avec, on l’a bien compris, l’objectif de le tuer… politiquement parlant.

Il eut pourtant été facile, ajoute-t-il, « de préciser à vos lecteurs que les citations que vous évoquez devant le tribunal correctionnel se sont souvent terminées en relaxe …., la dernière en date me vaut une condamnation que j’assume, mais que je soumets à la censure de la cour de Cassation. Sur les mêmes faits, une relaxe à Nice, une condamnation à Aix… la discussion ne peut rester en l’état de deux condamnations aussi contradictoires. » D’ailleurs, insiste adroitement le sénateur, il n’est le plus souvent concerné que « es-qualité de maire ». À ce titre, il est courant en effet que les élus (tout comme les présidents d’association) aient à répondre à la justice à qui il faut à tout prix, trouver un coupable.

Plus explicitement, il accuse le journal d’avoir été… discret lorsqu’il s’est agi d’évoquer les condamnations pénales que le sénateur a obtenu pour ses plaintes en diffamation contre trois journalistes de Nice-Matin. Plus que discret aussi lorsqu’il s’est agi de signaler la façon dont la plainte des époux Guibal (Jean-Claude est député-maire de Menton sa femme, Colette Giudicelli, sénatrice) à son égard a été rejetée… par la justice.

Plus grave, René Vestri laisse assez clairement deviner que des rapports ambigus existeraient entre la rédaction du journal et les réseaux politiques locaux et nationaux. Il avait déjà laissé entendre, que les patrons de l’UMP à Nice et au département, lire Christian Estrosi et Éric Ciotti voulaient sa peau ! Alors, un quotidien aux ordres de ses annonceurs institutionnels ? Une alliance d’autant plus facile à imaginer que, comme il le suggère, il a été un des seuls élus dans le département à oser pointer du doigt les montants très exorbitants des achats d’espaces publicitaires du Conseil Général en faveur du quotidien et plus récemment de l’État qui vient d’autoriser le versement d’une subvention, que Nice-Matin fait aussi facilement le jeu de ses… mécènes ?

Le sénateur-maire de Saint-Jean Cap Ferrat termine en se disant fier de ce qu’il a fait au profit de son Pays, de son Canton et de sa Commune, « faisant front avec peu de moyens aux difficultés » que rencontrent tous ses collègues qui comme lui « savent ce que veut dire d’être Maire et homme politique. »

  • pour se faire une idée précise des arguments développés par René Vestri et qui n’engagent que lui, nous avons pris la liberté de publier in extenso le texte de sa lettre ouverte. Certains des éléments développés nous semblent susceptibles d’éclairer nos lecteurs. Reste, que c’est à eux à se faire une opinion en lisant… Nice-Matin, le Petit Niçois, la presse nationale et de la presse numérique. Cliquer ici pour avoir accès au texte intégral -

Alain Dartigues