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Cannes : « Police Academy », un film qui ne fait plus rire le maire de Cannes,

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ses policiers, régulièrement en grève, s’en prennent une nouvelle fois au Festival.

On n’avait jamais vu ça à Cannes, des policiers en grève. Mais il y a un début à tout, et la municipalité de Bernard Brochand en a fait la désagréable expérience. Il faut dire que, même avant son accession à la mairie, la tête de liste UMP s’était attaquée à tout ce qui pouvait évoquer le règne de Michel Mouillot. En s’en prenant d’abord aux « Quarante voleurs », appellation insultante donnée aux élus chargés de gérer la ville sous les ordres de Michel Mouillot puis de l’ambassadeur Maurice Delauney. Ce qui n’empêcha pas Bernard Brochand de reprendre, lors de son second mandat, plusieurs de ces présumés bandits de grand chemin… sur sa liste.

Mais c’est surtout le chef de la police municipal de l’époque, Jean Pierre Cabras, qui subit l’ire du futur député-maire. Celui-ci représentait à ses yeux le symbole de la toute puissance du Kennedy de la Croisette ; il eut droit à son lot de qualificatifs blessants et injustifiés. Ne cherchant pas à mettre de l’huile sur le feu, Jean Pierre Cabras préféra rendre son tablier dès les résultats de l’élection de 2001 connus. Une mesure pleine de sagesse qui aurait dû permettre à ce service de retrouver la sérénité nécessaire à son bon fonctionnement.

Pas si simple à Cannes. Bernard Brochand remettait alors la direction de la police municipale à Guy Héron, un proche qui avait toute sa confiance. Mais la greffe ne prit pas et, après maints affrontements en interne et des demandes réitérées d’arbitrages en mairie (qui tournait toujours à l’avantage du directeur… contractuel mais pas consensuel), les policiers se mirent en grève. Une première à notre connaissance dans l’histoire de la commune (nous en sommes à six au compteur). Mais il fallu aux policiers attendre encore plusieurs années pour convaincre le maire de se séparer de cet ancien gendarme qui était leur chef et dont la qualification de coordinateur ne correspondait pas à la réalité de sa mission.

On crut alors que tout allait rentrer dans… l’ordre et la discipline, mais Cannes fait souvent montre d'originalité. Le nouveau directeur, Jean Claude Rinaudo, choisi au sein du service ne se révéla apparemment pas à la hauteur des attentes de ses collègues. Il est vrai qu’il avait montré beaucoup de complaisance face à la situation précédemment dénoncée par les policiers municipaux. Ceux-là, pour la plupart, le jugent responsable du climat délétère qui règne dans le service.

Sur ce dossier, la mairie n’a pas encore trouvé la martingale et se trouve face à une nouvelle grève du personnel annoncée pour le 17 mai, en plein Festival (comme celle de 2006 d’ailleurs) qui confirme le malaise existant.

Toutes ces initiatives indisposent au plus haut point Bernard Brochand qui, lors de la réunion du conseil municipal du 3 mai, a utilisé les termes « indigne et indécente » à propos de la dernière manifestation des policiers dans les rues de Cannes. Des propos qui ont choqué Frédéric Foncel, président du syndicat CFTC des fonctionnaires territoriaux de la ville de Cannes, et vice-président national du Syndicat national des policiers municipaux qui s’indigne qu’ « un élu de la république puisse tenir de tels propos à l’égard de policiers manifestant dans le respect des lois républicaines. »

Mais que les organisateurs du Palais et du Festival se rassurent, il semble que les policiers aient choisi de manifester en dehors de leurs heures de service, ce qui donc ne devrait pas gêner la qualité du service de cette brigade qui, avec 193 agents, est l’une des plus importantes de France. Se pose aussi la question de revendications d’ordre plus générales qui touchent cette profession. On a annoncé dans un premier temps, la venue de plusieurs délégations mais, il apparaît que cette éventualité est faible, plus faible en tous les cas que le nuage de cendres qui se dirige vers la Côte d’Azur et qui risque de gêner sérieusement l’atterrissage des avions sur l’aéroport de Nice… La densité des peoples et des professionnels du grand et du petit écran sur les marches du Palais et dans les suites présidentielles des palaces de la Croisette risque d’en être affectée. Quant au Grand prix automobile de Monaco qui se tient en prolongement du Festival cannois, c’est la même problématique et la même inquiétude.