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Alpes-Maritimes : dans les oliveraies,

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c’est le temps de la récolte...

Les Moulins à huile ont fait portes ouvertes dans les Alpes-Maritimes. Tous les produits venant des olives ont de plus en plus la côte et des grands chefs comme Jacques Chibois en font la promotion et contribuent à leur donner ses lettres de noblesse. Il fut un temps pas si lointain où l’huile d’olive n’était pas à la mode. On lui préférait les huiles d’arachides, puis vint le tour du colza… L’huile d’olive, c’était pour les locaux, pour les moins riches. La grande cuisine française était au beurre !

Au début de la révolution industrielle, les paysans migrèrent vers les villes abandonnant les cultures et les champs. Un mouvement qui fut accentué par les guerres. De nombreux villages de l’arrière et du haut pays niçois et grassois virent leur population diminuer comme peau de chagrin. Les oliveraies furent elles aussi livrées à leur triste sort. Heureusement, les oliviers sont des arbres qui ne meurent pas. Même les hivers les plus froids n’en viennent pas à bout et, des souches, repartent toujours des drageons qui redonneront vie à l’arbre. Histoire ancienne. L’huile plait et ses vertus sont désormais reconnues. Les oliveraies familiales renaissent donnant du travail aux mouliniers. Leur culture permet aux paysans un sérieux appoint quand elle n’est pas leur principale source de revenu.

Cet engouement pour le bio, les produits de proximité, la qualité qui a un prix, concourent à ce renouveau des oliveraies dans notre département. À Grasse, Monique et Lionel Brault se sont attachés à remettre en état l’oliveraie de La Royrie. Deux hectares, à 400 mètres d’altitude, bien ensoleillés, sur un sol calcaire propice à la culture de l’olivier. Les nouveaux propriétaires sont fiers de parler des origines de ce domaine, fondé au XVème siècle par les moines de l'abbaye de Lérins. Ce sont ces derniers qui firent construire les innombrables terrasses, ces fameuses « restanques », par des ouvriers italiens. Puis le domaine passa entre les mains du Roy René, l'un des derniers Comtes de Provence, grand amateur de belles lettres… et d’huiles d'olive.

Chaque année en novembre et en décembre, la famille Brault organise ses « Oliverades ». Une belle opportunité de passer une journée ou deux au grand air, à installer les filets sous les arbres et à récolter les olives. Puis participer en janvier à la journée des oliveurs, à la fois pédagogique et festive. Après une visite du domaine centrée sur la conduite bio d’une oliveraie et la dégustation du nouveau millésime, un déjeuner mettra en évidence les accords mets, huiles, vins… Comme pour les vins, il y a de bonnes années et de très bonnes. Celle-ci permettra-t-elle au domaine de renouveler sa récolte de récompenses ? Après une médaille d'argent au concours départemental, l'huile fruité vert de La Royrie avait obtenue la médaille d'or au concours national des AOP pour son caractère aromatique intense, sa typicité et sa longueur en bouche. Une distinction qui la situe au niveau des meilleures.

•    Domaine de La Royrie – Monique et Lionel Brault- Domaine de La Royrie - 88, chemin des Hautes Ribes - 06130 Grasse - 06 70 04 95 62 - arbres plusieurs fois centenaires - verger non irrigué -cueillette manuelle - moulin écologique à chaîne continue à 2 phases - acidité 0,15 - indice de peroxyde 4,7 -