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Lombardie : Bergame, capitale œnologique durant trois jours.

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Deux cent deux vins venus de vingt et un pays étaient en compétition.

Le 6ème Concours Œnologique International « Émotions du Monde : Merlot et Cabernet Ensemble » s’est tenu à Bergame en octobre dernier. Partons à la découverte d’une région riche et prospère, ainsi que des vins venus du monde entier.

- Bermage, la ville haute -

Au cœur de la Lombardie, Bergame est une jolie cité tournée vers un tourisme élitiste, aussi bien amateur de vieilles pierres, d’histoire que de gastronomie et de vin. Pour les Français, la Lombardie a toujours eu la réputation d’être « riche », peut-être parce qu’au XIIIème siècle, les banquiers lombards tenaient les cordons de la bourse des rois de France. Bergame, en elle-même, est assez atypique. Créée avant notre ère par des Celtes Teutons, la ville devient vite un carrefour commercial incontournable, située dans la région des grands lacs italiens, proche de la Suisse et à la frontière de la Vénétie. Longtemps commune libre, elle est annexée à Venise au XVème siècle, libérée par Napoléon Ier, puis dominée par les Autrichiens, avant de rejoindre l’Italie. Malgré tout, la discrète cité a toujours su garder son identité. C’est l’une des 4 villes italiennes à avoir conservé intacts ses remparts et qui compte aujourd’hui une population intra muros de 120 000 habitants.

Curieusement, il y a deux villes, reliées par un funiculaire : la Ville Haute où vivent encore les aristocrates (dont les descendants de l’une des figures les plus emblématiques de la ville, le Condottiero Bartlomœo Colleoni) et notables dans de belles demeures sans ostentation, et la Ville Basse où bât le cœur commercial et administratif de la cité.

La Ville Haute, ceinte de remparts, est totalement piétonnière. En parcourant les étroites ruelles médiévales, on découvre des places et des palais renaissance de toute beauté, certains à forte influence vénitienne. Seule une poignée de privilégiés y résident (environ 4 000 personnes). De nombreux petits restaurants typiques, à prix doux, vous attendent au détour des ruelles, mais aussi une grande table, installée sur la superbe Piazza Vecchia, la « Taverna Del Colleoni Dell’Angelo », avec des menus à 60 et 70 € pour 2 personnes.

Dans La Ville Basse, l’ambiance est plus actuelle, bien que de jolies églises vous surprennent à bien de coins de rues. De nombreuses boutiques de luxe y ont accroché leurs enseignes, mais là aussi, pas de « bling bling ». Quelques jolis hôtels de toutes catégories proposent des prix très compétitifs, comme le « Una Hotal Bergamo », 4 étoiles, doté de 86 chambres spacieuses, confortables et lumineuses (à partir de 82 €), et son restaurant typiquement régional. Situé Via Borgo Palazzo, il est proche du centre ville tout en bénéficiant d’un cadre de verdure et de calme.

À Bergame la gastronomie est montagnarde : les plats sont savoureux, tels la polenta, symbole de la cuisine bergamasque, que l’on dégustait, quand c’était permis, avec de petits oiseaux ; le « Formai de mut », fromage de vache à pâte cuite, délicieusement parfumé et la « Polenta e osei », une génoise en demi-cercle colorée en jaune, farcie de pâte d’amande et de mousse au chocolat, décorée d’oiseaux en chocolat en souvenir du bon temps : assez roborative.

- le jury -

Bergame est également entouré de vignobles en appellation Valcalepio. Ce n’est donc pas par hasard que le concours Merlot et Cabernet « Émotions du Monde », placé sous le patronage de l’OIV (Organisation mondiale de la Vigne et du Vin), y a vu le jour en 2005. Cette année, les « vendanges » furent particulièrement fructueuses. Ce sont 202 vins venus de vingt et un pays qui ont concouru, après une sélection rigoureuse. Les dégustateurs-jurés (œnologues, sommeliers et journalistes spécialisés), au nombre de 59, comptaient 34 étrangers et 25 italiens. Selon le règlement du concours, seuls les vins atteignant le score de 85 à 92 sur 100 peuvent obtenir une Médaille d’Or. Ceux qui dépassent 93 se voient décerner une Grande Médaille d’Or. Quant aux Médailles d’Argent, le vin doit obtenir entre 82 et 85 points.

C’est dans le Château des Anges à Carrobio, entre Bergame et le lac d’Iseo, qu’a eu lieu la dégustation, et plus tard, la soirée de gala, en présence des propriétaires, descendants directs du Condottiero Colleoni, dont le Comte, fringant octogénaire et sa fille, la Comtessa, qui aujourd’hui gère les vignobles familiaux. L’aristocratie lombarde est à l’image de la population : discrète, prospère et travailleuse. Pas de Grande Médaille cette année, mais une belle récolte de Médailles d’Or : cinquante sept, dont 9 pour Israël, 3 pour la Croatie, 2 pour la France (qui présentait 7 vignobles et dont les bordelais ont été les lauréats), et une pour l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, l’Espagne, les USA, la Serbie. Les vins italiens se sont taillés la part du lion en en remportant trente deux (dont 8 Valpalecio). Le Prix de la Presse a été décerné à un 3ème vignoble bordelais.

Le lendemain, à l’issue du traditionnel symposium ayant pour thème « Le marchand de vin, un mal nécessaire ? », a eu lieu la distribution des prix. Les résultats, présentés par Daniela Andreini, professeur à l’Université de Bergame, ont prouvé qu’il ne s’agit pas seulement de faire du bon vin, encore faut-il savoir le vendre et le faire savoir.

Brigitte Brunot – photos Patrick Flet