Paris Côte d'Azur

Magazine d'informations et de commentaires

La mort d’un taurillon dans les rues de Fréjus

Crédits:
autre

inspire un oficionado du Canard… déchainé.

Sans aucun doute, inspiré par un confrère du Canard parisien, notre lecteur s’en est donné à cœur joie pour commenter à sa façon un incident cocasse survenu récemment dans les rues de Fréjus. Un taurillon échappé erre dans les rues : récit .

« Fréjus, ville de tradition tauromachique, a vu le triomphe d'une troupe de picadors et de peones menée par le grand imprésario de matadors de taureaux, El Moreno. Délaissant les arènes encore en reconstruction, la troupe s'est mise en batterie dans la rue du même nom. Traditionnellement, après un défilé dans l’arène, le paseo, la corrida se déroule en trois temps, sous les vivats et aux sons de paso-doble entraînants.

En l'espèce, la troupe était précédée d'une étrange fanfare qui jouait sur deux tons au moyen d'instruments qui, selon l'avis des experts ayant recueilli les témoignages de passants, s'apparentaient à des trompes montées sur des espèces de chariots bariolés émettant des éclats bleus. Après avoir été accueilli par un public frémissant, la troupe entreprit de disposer ses chariots en cirque et le spectacle commença sous l'œil d'une foule enthousiaste.

Certes les passes n'étaient pas très assurées et les muletas et autres véroniques moins élégantes que celles de Manolete mais le spectacle était là. Curieusement, des rumeurs firent état d'une tentative d'entrave de l'animal par un lasso. Ce bruit fut vraisemblablement lancé pour nuire à El Moreno, car c'est mal le connaitre d'imaginer qu'il puisse recourir à un tel procédé.

À l'instant de la mise à mort, l'homme et l'animal se sont jaugés avec une intensité dramatique poignante, puis les pistoleros alguazil (alguacilillo) municipalitos ont fait spontanément la ronde et, n'écoutant que leur courage, vidé leurs chargeurs avec une sûreté et une précision remarquables ; qui a suggéré qu'ils louperaient une vache dans un couloir ?

Un vétérinaire enfin mandé, délivra un certificat de décès et certifia que, malgré la densité de plomb truffant l'animal, aucun risque de saturnisme n'existait, ce dont se réjouit El Mouginos qui craignit un instant un risque de propagation de la grippe taurillonne et envisageait déjà de faire vacciner les pistoleros municipalitos contre la rage.

La viande étant déclarée saine, la carcasse fut-elle envoyée en Haïti après avoir été boucanée ? »

Alexis Roger