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Haut Var : des vendanges précoces,

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gages de cuvées de qualité.

Les vendanges sont dans toutes les régions prétextes à des fêtes campagnardes durant lesquelles les vignerons sont fiers de faire goûter leur production autour d’un buffet. Les vignerons du Haut Var n’échappent pas à la règle. L’autre semaine, le Domaine Saint Jean de Villecroze, ouvrait, chose rare, les portes de ses chaix et accompagnait dans les vignes quelques œnologues et journalistes spécialisés.


- Edouard Rainaut -

Edouard Rainaut, son directeur, se fit une joie plus qu’un devoir de leur faire découvrir quelques arpents de ces collines plantées d’oliviers, de pins parasols, de chênes truffiers et de… vignes. Un peu d’histoire à propos des colonisateurs romains et la présence obsédante et mystérieuse des Templiers. Pour rendre hommage ensuite aux actuels propriétaires, la famille Caruso, qui ont permis le réaménagement du domaine et surtout la modernisation des caves.

Edouard insista sur l’importance de cette modernisation. Car si les vendanges, parfois faites de nuit et manuellement, déterminent un certain nombre de facteurs comme le taux en sucre et en tanin, ce qui fait les bons vins, se passent dans le secret des chaix. Les cuves étincellent, certaines ont leurs parois réfrigérées pour mieux contrôler la fermentation. On comprend, à écouter le technicien, toute la complexité des opérations nécessaires et indispensables pour réaliser une bonne cuvée. Des mois de surveillance, de mesures, de comparaisons, de jugements, d’ajustements délicats qui feront au final la différence entrée un bon vin et un grand vin.

Le Cabernet Sauvignon est sur le domaine, le cépage dominant mais, seul, ne peut obtenir une appellation. Il sera donc appuyé par du Syrah, du Grenache, du Cinsault, voire du Chardonnay. Le vignoble, réparti sur trois sites, permet de sécuriser la production et d’effectuer les assemblages à la demande. Le Domaine Saint Jean de Villecroze produit ainsi deux appellations de Provence, dans les 3 couleurs : les Côtes de Provence bien sûr, mais aussi les Coteaux Varois de Provence. Quant aux Cabernet Sauvignon, même sans appellation, ils font la fierté de la marque. Les blancs qu’on a tendance à sous estimer, sont d’un grand fruité en bouche ainsi ce vin de pays, commercialisé avec l’étiquette La petite Chapelle, est apprécié en apéritif (10 € pour un 2006).

Alors que les premiers raisins étaient à la presse, Edouard déboucha quelques bouteilles qui confirmèrent tout le bien qu’il en pensait. La Cuvée spéciale par exemple, encore un blanc, cépage Rolle, un AOC Coteaux varois (7,85 € pour un 2007) et son équivalent en rosé, 80 % Cinsault et 20% Grenache.

On l’aura compris, il n’y a pas que des rosés en Provence ? Si bons soient-ils, il existe aussi de bons blancs et quelques très bons… rouges.