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L'Europe : qui y croit ?

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Catégorie Les paradoxales

Média, public et politiques font grise mine… à la veille des élections.

C’est un peu comme la TVA à 5 % au lieu de 19,6. On en attendait beaucoup, ça devait faire des miracles et apporter la prospérité. À l’arrivée, on ne sait plus. Les cartes sont brouillées. On a du mal à y voir clair. L’Europe à 5 ou à 20, l’Europe avec la Turquie, l’Europe méditerranéenne, l’Europe jusqu’à l’Oural ? Parmi le public, beaucoup y voient la cause première d’un appauvrissement de la France. Elle va pourtant dans le sens de l’histoire, celui de la constitution de grands groupes, de grandes structures, de grandes… surfaces. Elle va dans le sens de la mondialisation. Développement empirique, ou conséquence d’une loi biologique qui tendrait vers la complexification ? On s’interroge. Les risques d’une décroissance augmentent et certains réfléchissent à une révolution de nos modes de vie et de… pensée, prônant le « small is beautiful » qui va de pair avec une tendance à moins voyager, à consommer des produits alimentaires ou autres objets plus ou moins in-utiles, qui ne feraient pas trois fois le tour de la terre avant d’aboutir dans nos super-super marchés… et dans nos assiettes.

Brusquement, on nous dit : il faut aller voter. Pour qui et surtout pourquoi ? Alors comme il n’est pas facile de répondre à la deuxième question, la tentation est grande de ne répondre qu’à la première. Je suis de droite, je vote à droite. Je suis de gauche, je vote à gauche. Mais même ça c’est difficile. La gauche peine, des figures emblématiques ont déserté le PS. La droite fait du sur-place avec des leaders angoissés qui digèrent mal de côtoyer au gouvernement et dans les ministères d’anciens et farouches opposants… Alors, la tentation est grande de s’abstenir, ce qui sera facile si la météo incite à une escapade pré-estivale. Comme beaucoup de bureaux de votes fermeront à 18 heures, ce sera une bonne excuse. « J’aurais bien voulu y aller, mais il y avait de la circulation. Je suis arrivé trop tard ! »

Pourtant l’enjeu est de taille, la taille d’une Europe recomposée, d’une Europe qui a fait la paix des braves même si une guerre économique, plus ou moins larvée, existe toujours.

Bon, l’échéance approche. Dans le Sud-Est, il n’y aura pas moins de 21 listes en présence. De la plus anecdotique, comme « Europe, démocratie, Esperanto », à la plus anachronique comme la liste présentée par les communistes ou celle d’ « Une France royale pour l’Europe »… On retrouvera bien évidemment, les grands partis avec Françoise Grossetête pour l’UMP, Jean Marie Le Pen pour le FN, Jean Luc Nennahmias pour un Modem qui ne dit pas son nom. Les écolos de tout poils sont là avec un surprenant Francis Lalanne pour une Alliance Ecologique indépendante et plus sérieusement la liste emblématique soutenue au plan national par David Cohn Bendict, Eva Joly et José Bové et représentée ici par la présidente du CRIIRAD, Michèle Rivasi.

Le 7 juin prochain, nous y verrons plus clair. Il faudra faire ses comptes et, pour les élus, légiférer dans une Europe que ses habitants boudent. Les abstentionnistes seront-ils aussi nombreux que le sondages le disent aujourd’hui ? L’UMP sera-t-elle la grande gagnante, le PS le grand perdant ? On devrait plus probablement constater un éclatement de l’électorat qui a du mal à prendre au sérieux ses représentants et qui a du mal, ce qui est plus grave encore, à prendre la mesure des enjeux.

Le scrutin se tiendra de 8 heures à 18 heures. Plusieurs communes du département des Alpes Maritimes, ont cru bon de prolonger l’ouverture jusqu’à 20 heures, comme Nice, Antibes, Cannes, Cagnes-sur-mer, Grasse…et quelques autres. Mougins, Le Cannet, Mandelieu, Vallauris, n’ont pas jugé bon de jouer les prolongations. Le corps électoral pourra interpréter ce choix comme la confirmation de la tendance générale, le peu d’intérêt pour la cause européenne.

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