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Cannes : Maurice Delauney 1919 - 2009,

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maire de 1997 à 2001.

L’ancien maire de la ville, Maurice Delauney, est décédé. Lorsque la mort nous a rendu inoffensif, c’est fou combien nos ennemis nous apprécient et nous trouvent des qualités ! Côté politique, c’est une tradition… républicaine. Tout le monde y va de son petit couplet. Il y a ceux qui ont, plus que d’autres, quelque légitimité à parler avec émotion. Ils ont partagé une aventure commune, dans le même camp, affronter les mêmes dangers. On croit les uns, moins les autres surtout ceux qui se sont acharnés sur un homme, Maurice Delauney, dont l’honnêteté et la droiture ne peuvent être mises en cause. Ils l’ont insulté sans mesure et avec un acharnement injustifié. Il est facile devant un cercueil de faire la paix et de verser des larmes de… crocodile, en réfléchissant qu’un jour, ce sera son tour, que d’autres pleureront tandis que d’autres auront les mêmes pensées équivoques qui sont aujourd’hui les nôtres… En attendant cette échéance inévitable, le mort devient le meilleur et le plus sincère opposant que l’on ait eu. La mort nous rend donc respectable, sinon à nouveau fréquentable ; maigre consolation… car l’oubli, très vite vient recouvrir notre linceul et notre tombe. Tout juste peut-on rêver qu’un jour, on débaptise une rue qui prendra notre nom sans que cette démarche ne nous donne l’assurance d’une quelconque éternité.

En attendant, rendons un humble hommage à Maurice Delauney qui avait eu la gentillesse de nous recevoir, avec Christian Olivier, dans sa résidence cannoise. Courtois, les yeux pétillants, distingué, réservé aussi, il était fier de ce décor qu’il avait conçu avec sa femme, Hélène. Il était évident qu’il vivait avec elle en symbiose. Une bibliothèque riche en ouvrages documentés, qui reflétait une culture d’une grande diversité même si l’Afrique y tenait une place importante. Preuves en étaient, les trophées de chasse omniprésents, dans la tradition des grands coloniaux et des amateurs de safaris. Pas vraiment notre tasse de thé, un breuvage que nous proposa notre hôtesse…

L’ambassadeur, puisse que c’était ainsi qu’il aimait se faire appeler, ne comprenait toujours pas (nous étions en 2004) le changement d’attitude à son égard des nouveaux membres de la majorité en place. Cette succession à la mairie ne lui avait posé au départ aucun problème et il avait vu la venue de Bernard Brochand d’un bon œil. Son choix de ne pas prendre, à la veille de quitter son poste de maire, de décisions sur la politique de la commune et de laisser à son remplaçant le soin de décider, montre sa probité en la matière et la loyauté de ses engagements. Il eut pu, par exemple déclencher irréversiblement la procédure de l’intercommunalité qui aurait alors lié Cannes à Mougins, au Cannet, à Mandelieu et peut-être permis de créer une institution gérant l’ensemble des communes de l’ouest du département, de Saint-Auban à Théoule et pourquoi pas jusqu’à Antibes… Cela aurait considérablement changé la donne et les résultats des échéances électorales suivantes en auraient été profondément modifiés. Mais, on ne refait pas passer le film en marche arrière sans en brouiller l’image… même dans la ville du cinéma !

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