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Plaisance : les mésaventures et les leçons à tirer d’une panne de moteur,

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les victimes règlent leur compte et remettent les compteurs à zéro…

En avril 2007, les propriétaires de Prince Bio, un Sun Légende 41, quittent Lézardrieux en Bretagne pour naviguer jusqu’à Saint Petersbourg en Russie. Juste après être entrés dans les eaux territoriales Russes le 6 juillet, leur moteur, un cinq cylindres diesel Nanni âgé de quatre ans, se casse sans avoir chauffé ; un trou important est visible dans le bloc moteur, il y a de l’huile partout.

L’équipage se détourne vers Kotka, en Finlande. Jusque-là le moteur avait donné satisfaction. Celui-ci était un 62 chevaux, 5 cylindres, modèle 5.280HE, numéro de série 351260. Logiquement, il fut donc décidé de le remplacer par un modèle identique, expédié de France jusqu’à Kotka. Les moteurs Nanni sont des moteurs Kubota marinisés, et sont donc en principe, très fiables. Le coût total pour le moteur neuf et son installation a été de 29 600 € !

Le moteur cassé a été placé dans la caisse d’expédition du moteur neuf et retourné au chantier français où elle a été ouverte en présence de plusieurs experts. Le responsable du service après-vente de Nannidiesel et le distributeur qui avaient vendu le moteur en 2003 avaient été invités mais ne se sont jamais présentés. L’autopsie révéla une bielle cassée ! Etonnant pour un moteur de seulement 4 ans de services.

Après avoir dépensé plus de 50 000 € pour les deux moteurs, il est apparu curieux aux victimes que personne de Nannidiesel aussi bien de Kubota ne fournisse d’explication sur ce qu’il s’était passé. Aucun message, aucune excuse… Il était pourtant évident que cette panne aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

En 2008 le nouveau moteur a parfaitement fonctionné pendant quelques temps, puis il a démarré occasionnellement avec difficulté. Il n’y avait pas de relation avec la température extérieure ou avec le niveau de charge des batteries. Plusieurs spécialistes diésélistes ont examiné le moteur mais aucun n’a trouvé d’anomalie.

En procédant à la vérification hebdomadaire, les utilisateurs de plus en plus attentifs et soucieux, ont remarqué que le niveau d’huile du nouveau moteur dans le carter avait tendance à augmenter plutôt qu’à diminuer ! Ils ont alors suspecté une entrée d’eau. Il est apparu qu’un effet de siphon pouvait s’instaurer entre l’entrée d’eau de refroidissement et le système d’échappement et, quand le moteur était à l’arrêt et le bateau au port, une petite quantité d’eau s’infiltrait dans le cinquième cylindre et puis dans le carter. Ceci n'avait rien à voir avec le pont d'échappement et le col de cygne qui étaient installés conformément au manuel d'installation.

Le premier moteur a probablement explosé en raison du stress causé par cette eau et l’impact à la fin sur la bielle à cause du haut niveau d’huile dans le carter.

Nous avons découvert que peu de temps après que nous ayons acheté notre deuxième moteur, Nannidiesel avait changé les instructions d’installation et demandait la pose d’un anti-siphon dans le circuit d’eau de refroidissement. Ce qui, implicitement, confirmait une mauvaise conception originelle et expliquait les dysfonctionnements constatés.

Nos plaisanciers ont toujours du mal à accepter l’attitude de l’entreprise qui ne les a pas appelés au téléphone ni même été cherchée les lettres recommandées. Ses responsables n’ont offert aucune compensation, formulé aucune excuse pour ce qui est une erreur fondamentale de conception suivi par une carence majeure du service après-vente.

Il est clair, d’après ces utilisateurs, qu'ils devaient être parfaitement au courant du problème. Preuve en est, tous les manuels d'installation publiés à partir de la fin de 2007 exigeaient l'installation d'un anti-siphon. À bon entendeur, salut !

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