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Nice : le géant Kessel soulève les passions

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et sera le sujet du colloque qui se tiendra le 4 et le 5 décembre.

Il va y avoir 30 ans que Jeff, qu’on surnommait volontiers « le lion » s’éteignait, à plus de 80 ans et après une vie tumultueuse qui, à elle seule, est sujet à romans. Russe, juif, grand reporter, grand buveur de vodka, joueur, cavalier et cavaleur, sa personnalité est aussi flamboyante que démesurée. Son œuvre a marqué des générations et témoigne des conflits du XXème siècle.

Les Kessel, Samuel le père est un médecin juif d’origine lituanienne, fuient l’antisémitisme russe en rejoignant la communauté de Santa Clara en Argentine. Joseph naît en 1898. Puis, l’année suivante, la famille s’installe à Orenbourg sur l’Oural jusqu’en 1908. Ensuite, c’est l’épisode Nice.

Jeff y fait ses études au Lycée Masséna, puis rejoint Paris. À 17 ans à peine il est licencié en Lettres. Le célèbre Journal des Débats l’engage. 14-18, c’est la guerre. Il s’engage et intègre l’escadrille S 39. De cette expérience naîtra son roman l’Équipage. À peine démobilisé, il rejoint un corps expéditionnaire qui va le mener en Sibérie après un périple aux États-Unis, les Philippines et le Japon. Il écrit Les temps Sauvages au retour Hong-Kong, Indochine, Ceylan…

Sa vie est une promenade courageuse dans un monde plus souvent en guerre qu’en paix. Le voilà en Irlande, en Lettonie, sur les traces de ses aïeuls, puis c’est la Palestine, l’Espagne… en guerre (il croisera Malraux et Hemingway), l’ l’Afghanistan. Il enquête sur « les marchés d’esclaves », accompagné par Henri du Monfreid dans la région de la corne de l’Afrique.

En France, la deuxième guerre succède à la première. Il rejoint la Résistance. Avec son neveu, Maurice Druon, ils gagnent Londres, où ils écrivent Le Chant des Partisans. Il entre à l’Académie Française en 1964.

Amoureux de la Méditerranée, il séjournera souvent sur la Côte d’Azur avec sa bande de copains, les Niçois Raymond Moretti et Louis Nucera.

Ces deux jours consacrés à Joseph Kessel promettent d’être bien remplis : tables rondes animées par Karine Papillaud, journaliste du Point, avec des noms de personnes susceptibles d’élever les débats comme ceux de Raoul Mille, Olivier et Christophe Weber, Pierre Schœndœrffer, Josette Alia (présidente du Prix Albert Londres), André Asséo, Suzanne Nucéra, Michèle Kahn (fondatrice du prix Kessel), Patrick Besson (prix Renaudot 1995)…

Il y aura aussi un concert de musique, évidement… tzigane par les Gypsy Devils. Une exposition du Cercle Bernard Lazare qui retrace les grandes étapes de la vie de Joseph Kessel, une autre qui met en exergue les photographies de Ralph Gatti, dans le grand Hall du CUM.