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Biocarburant : une vraie fausse bonne idée.

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La demande croissante en biocarburants contribue à accroître le prix des denrées alimentaires…

Selon un récent rapport de la FAO, l’utilisation et la production croissante de biocarburants ne contribueront pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre autant que prévu. Le bilan environnemental des biocarburants de première génération s’avère donc médiocre.

Cette crainte avait été assez rapidement mise en évidence par l’ancienne ministre de l’écologie, Corinne Lepage. Elle déclarait déjà, en 2006 : « Je ne suis pas sûre du tout que ce biocarburant-là (l’éthanol E85) soit le bon, car pour le produire il va falloir beaucoup d'eau, il va falloir mettre beaucoup de produits phytosanitaires qui émettent des gaz à effet de serre. Il faut aujourd'hui un peu plus d'un litre de pétrole pour produire un litre d'éthanol, donc ce n'est pas très intéressant…

Par ailleurs – toujours d’après ce rapport - les politiques et les subventions liées aux biocarburants sont à reconsidérer, afin de maintenir l’objectif de sécurité alimentaire mondiale, de promouvoir un développement rural à large assise et de garantir un environnement durable. Il apparaît en effet qu’en dépit de l’importance limitée des biocarburants dans l’offre énergétique mondiale, la demande de cultures destinées aux biocarburants devrait continuer à croître, augmentant ainsi les prix des denrées alimentaires. Les plus pauvres seront évidement les premiers touchés par ces augmentations et des troubles sociaux sont à prévoir.

Le côté positif, c’est que la demande croissante de biocarburants et la hausse des prix agricoles offrent des opportunités à certains pays en développement. Des biocarburants dits de « deuxième génération », sont en cours de développement. Ils pourraient représenter une solution alternative. Issus de la biomasse lignocellulosique, ils pourraient améliorer l’équilibre entre énergie fossile et gaz à effet de serre. En attendant des progrès substantiels, beaucoup de ces biocarburants sont des attrape-rêves, exemples typiques de ce que peuvent être de vraies fausses bonnes idées…

  • L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO catalyse les efforts internationaux en faveur de la lutte contre la faim. Elle se veut être une tribune neutre au sein de laquelle tous les pays se réunissent sur un pied d'égalité pour négocier des accords et débattre de politiques. Depuis sa création en 1945, elle aide les pays en développement et les pays en transition à moderniser et à améliorer les pratiques agricoles, forestières et halieutiques, et à garantir une bonne nutrition pour tous.