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Cannes : Jean Martinez attaque le « Canard Enchaîné »,

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une tentative pour retrouver une crédibilité fortement entamée… par l’entre deux tours des municipales.

Mis au courant au début de l’été, de la plainte tardive de Jean Martinez, à l’encontre du Canard Enchaîné, nous pensions que l’affaire avait été classée sans suite ou bien qu’elle s’était réglée à l’amiable. Renseignements pris, il n’en est rien. Plainte il y a et la justice suit son cours.

Jean Martinez, candidat malheureux aux élections municipales de Cannes, reproche au Canard les informations publiées qui le mettent en cause et porteraient atteinte à son honneur. Pourtant, le Canard n’a pas la réputation de « s’embarquer sans biscuit ». S’il est constamment l’objet de plaintes, il est de notoriété publique qu’il a été très rarement condamné…

Chaussé de ses gros sabots – le Canard ne fait pas toujours dans la dentelle – l’hebdomadaire satirique titrait le 26 mars 2008 : Festival de Cannes à la pêche aux voix. C’était aux lendemains des élections, les jeux étaient faits, l’on ne pouvait donc pas reprocher à cet article signé David Fontaine, d’avoir influé sur les résultats. Rapportant les rumeurs insistantes qui circulaient sur la place publique et les déclarations des uns et des autres, il y était raconté les séquences des événements présumés qui avaient conduit Jean Martinez à maintenir sa candidature.

Car, il ne faisait pas de doute pour les observateurs du microcosme politico-politicien cannois, qu’à l’issue du premier tour des élections municipales, les opposants à Bernard Brochand avaient toutes leurs chances de lui ravir son siège… à condition de présenter un front commun : une seule liste.

L’article du Canard détaillait les rencontres et les tractations supposées qui avaient dicté le choix de Jean Martinez et en avait fait un allié putatif du maire sortant… aussitôt réélu. Le peu de voix qui séparèrent à l’arrivée le premier du second, Philippe Tabarot, donnèrent du grain à moudre à ceux qui considérèrent que Jean Martinez avait trahi la partie de son électorat pour qui l’objectif premier était de changer de maire… à tout prix.

Michel Mouillot fut le premier à considérer la présence de Jean Martinez au second tour comme une trahison. Sans lui, il n’aurait très certainement pas atteint le score de 20, 84 % au premier tour. Il n’y avait aucune raison de penser qu’il eut pu faire mieux que Philipe Buerch dont l’implantation locale et la présence sur le terrain étaient bien meilleures. À la veille du second tour, Michel Mouillot déclarait d’ailleurs à Nice-Matin, le 13 mars : Mardi matin, il (J. Martinez) m’a dit qu’il était d’accord pour fusionner avec M. Tabarot… Comment un ami a pu me faire quelle chose d’aussi lamentable ? Cette insolence, cette arrogance, cette trahison me font vomir…

Nice-Matin toujours qui, sous la plume de François Rosso, présentait quelques jours plus tard, le 5 avril, trois versions de l’entre-deux tours. Avouant l’impossibilité d’apporter des preuves, chacun donnant sa version des événements, le journaliste encourageait ses lecteurs à se forger leur propre opinion.

Six mois après, la Commission nationale des comptes de campagne, n’a pas validé ceux de Jean Martinez, condamné de ce fait à quitter le conseil municipal et la scène politique, le temps de la punition : un an d’inéligibilité. Une sentence dont l’application sera repoussée si ce dernier fait appel.

Philippe Tabarot voit dans cette invalidation, un argument supplémentaire à sa tentative de faire rejouer le match municipal… à deux. Il compte bien aller jusque devant la juridiction administrative suprême, le Conseil d'État, présenter son argumentaire.