Cancers : des scientifiques exonèrent l’environnement,

y a-t-il un message caché ?

Catégorie C'est notre santé

Le tabac cause première ? Bravo, depuis trente ans que des poumons de fumeurs trempent dans des bocaux, jaunis par la nicotine et les goudrons…comme une invitation à consommer. Il était grand temps d'en avoir la plus parfaite certitude ! L’alcool venant en deuxième position ? On savait que son abus provoquait… l’alcoolisme mais on n’était pas sûr qu’il contribue à certains types de cancer. Bien vu !

L’obésité – nouvelle pandémie – monte enfin sur le podium. Les scientifiques s’y mirent apparemment à plusieurs pour arriver à ce résultat… étonnant. Les obèses ne meurent pas du mal-être qui résulte de cet état – ça se soigne chez le psy. Ils meurent pour plein d’autres raisons liées à leur « surcharge pondérale » (qu’en termes délicats, la chose est dite), diabète, insuffisances respiratoires, problèmes cardiaques,… et maintenant, en plus, de cancers.

Mais, rassurez-vous braves gens, les facteurs environnementaux ne sont que pour 1% dans les causes de cancers ! En fait, c’est même un peu moins, de l'ordre de 0,5 %, on pourrait pousser jusqu’à 0,85 % si les effets de la pollution atmosphérique étaient confirmés, mais pas plus… Les chercheurs se frottent les mains, ils pourront se lancer sur de nouvelles études… coûteuses, qui confirmeront ou non l’existence de ce 0,85%. On peut leur suggérer, pour commencer, de passer quelques heures en pleine circulation, coincés dans leur automobile, pourquoi pas derrière une estafette dont le pot d’échappement ou le carburateur fonctionne mal…

On peut aussi leur conseiller d’installer leurs bureaux près d’un incinérateur ou d’une autoroute ; pourquoi pas leurs domiciles près de champs ou plusieurs fois l’an on utilise des herbicides, insecticides et autres fongicides. Car, à croire les auteurs de ses études, « l'exposition aux pesticides, aux dioxines même à faibles doses ne peut être considérée à ce jour comme un facteur favorisant le cancer. »

Sachant tout cela, pourquoi vous gêneriez-vous, braves gens ? Continuez à polluer allègrement et sans complexe ! Continuez à agir sans précaution comme vous le faites vis-à-vis de votre maison, la terre ! Bonne nouvelle, les pollutions que vous engendrez et que vous subissez ne vous donneront pas le cancer ! Cela peut paraître caricatural, pourtant c’est ce qui semble bien être le message qu’implicitement, l’annonce de cette étude scientifique véhicule auprès du public. Tous les médias ont relayé cette nouvelle. Est-ce innocent ou inconscient ?

Veut-on vraiment nous faire croire que la pollution de l’air et de l’eau ait si peu d’impact sur notre santé et sur celles des plantes et des animaux dont nous nous nourrissons ? L’espèce humaine se trouvant au bout d’une longue chaîne alimentaire, il y a pourtant fort à parier, que d’inopportuns effets se manifestent. Pas le cancer ? Si vous le dites !

Comme nous le faisions remarquer plus haut pour l’obésité, si ce n’est pas le cancer, se sont les pollutions qui nous tuerons de bien d’autres manières. L’asthme, les empoisonnements par les métaux lourds et par toutes ses nouvelles molécules chimiques que nous lançons imprudemment dans… la nature. La mise en évidence de ces faits aurait dû pondérer auprès des lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs, ce 1% qui sonnait comme une victoire. Quant aux 99% de mauvaise foi restant, pour ne pas dire de connerie, à qui faut-il les attribuer ?

- mention : www.pariscotedazur.fr – septembre 2007 –
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